
Le Médiateur national de l’énergie a publié son rapport annuel 2025, marquant une baisse de 10% des saisines l’année dernière, avec un total de 10 475 demandes de médiation. Cette accalmie générale sur le marché de l’énergie ne masque cependant pas des pratiques préoccupantes chez certains opérateurs. En effet, bien que les litiges liés aux prix du gaz et de l’électricité aient chuté de 62%, les plaintes concernant les réseaux de distribution d’électricité ont augmenté de 21%.
Enedis est particulièrement visé, impliqué dans près de neuf cas sur dix, avec une augmentation de 17% des saisines le concernant. Le rapport souligne que les efforts de l’entreprise au niveau national ne se traduisent pas par des améliorations concrètes sur le terrain, notamment dans les régions Provence Alpes du Sud et Île-de-France Ouest. Le Médiateur critique également la lenteur d’Enedis face à l’explosion des fraudes aux compteurs Linky, dont le nombre a quadruplé en 2025.
Pour la deuxième année consécutive, Primagaz et JPME écopent de « cartons rouges ». Primagaz, fournisseur de GPL, est sanctionné pour une gestion défaillante de ses clients depuis fin 2023, suite au déploiement d’un nouveau système de facturation. Le nombre de litiges concernant Primagaz a été multiplié par cinq en deux ans, avec des problèmes de facturation, de prélèvements bloqués et d’impossibilité de contractualisation. Le Médiateur Bernard Doroszczuk s’inquiète du manque de professionnalisme de la société.
Quant à JPME, spécialisée dans l’achat de production d’électricité photovoltaïque, elle concentre 80% des litiges liés à ce secteur en 2025. L’entreprise, qui promettait des tarifs de rachat attractifs et une « batterie virtuelle », a été épinglée pour un « défaut de paiement quasi généralisé » et des modifications unilatérales des prix de rachat. Ces agissements ont conduit le ministre de l’Économie à retirer l’autorisation d’achat ou de revente de JPME début 2026. Le Médiateur a aussi évoqué la surveillance des impacts potentiels du conflit au Moyen-Orient sur le marché de l’énergie, même si les conséquences directes restent limitées pour l’instant.






