
Une altercation majeure a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi à l’Assemblée nationale, suite à l’adoption du projet de loi d’urgence agricole. L’ancienne Première ministre, Élisabeth Borne, et la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, ont eu un échange tendu, frôlant l’affrontement physique selon des témoins. La source de la colère de Borne était le rejet d’un amendement qu’elle avait déposé, visant à interdire la réintroduction dérogatoire de certains pesticides controversés.
Le projet de loi, qui vise à soutenir les agriculteurs, a paradoxalement ravivé des tensions au sein même du gouvernement et de la majorité présidentielle. L’amendement d’Élisabeth Borne et de plusieurs parlementaires cherchait à supprimer la possibilité de réintroduire l’acétamipride et le flupyradifurone, deux substances dont l’utilisation est interdite en France mais autorisée dans d’autres pays de l’Union européenne.
La scène, qui s’est déroulée après la fin de la séance et l’adoption du compromis issu de la commission mixte paritaire (CMP), a mis en lumière une fracture politique importante. Alors que la loi est censée apporter des réponses concrètes aux agriculteurs, la question des pesticides est devenue un point de discorde majeur. Le gouvernement, malgré les demandes de députés de son propre camp, a refusé de soumettre au vote les amendements de suppression de l’article controversé.
Annie Genevard a exprimé sa « très grande satisfaction » concernant l’adoption de la loi, la qualifiant d’« œuvre utile pour l’agriculture française ». Cependant, l’opposition de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à la réintroduction de l’acétamipride souligne les divisions au sein de l’exécutif sur ce dossier sensible.






