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Une étude majeure, menée par l'Institut Curie, révolutionne le traitement du cancer du sein. Désormais, la rechute pourra être anticipée et traitée avant même l'apparition des symptômes, grâce à l'analyse de l'ADN tumoral circulant. L'étude SERENA-6 montre des résultats prometteurs, réduisant le risque de progression et améliorant la survie sans progression. Cette approche adaptative marque un tournant pour les patientes.

Une étude internationale majeure, menée notamment par l’Institut Curie, annonce un changement de paradigme dans le traitement du cancer du sein avancé. Il s’agit désormais de traiter la rechute avant même qu’elle ne soit visible par imagerie médicale, en se basant uniquement sur l’analyse de l’ADN tumoral circulant dans le sang. Cette approche permet d’intercepter la progression de la maladie plus tôt et d’améliorer les résultats pour les patientes atteintes de cancer du sein métastatique hormono-dépendant.

Traditionnellement, le traitement du cancer et de ses récidives ne commençait qu’après confirmation par imagerie ou biopsie. Cependant, les avancées dans la détection de l’ADN tumoral circulant (ADNtc), des fragments d’ADN libérés par les cellules cancéreuses dans le sang, ouvrent de nouvelles voies. L’étude SERENA-6, sponsorisée par AstraZeneca et présentée au congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (Asco), a démontré l’efficacité de cette méthode.

Le Pr François-Clément Bidard, oncologue médical à l’Institut Curie et co-président du comité de pilotage de SERENA-6, souligne l’importance de cette avancée. L’étude SERENA-6 est le premier essai de phase 3 à démontrer un bénéfice clinique en surveillant l’ADN tumoral circulant chez des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique positif aux récepteurs hormonaux. En cas de détection de mutations comme ESR1, un marqueur de résistance, le traitement hormonal peut être ajusté avant même que la maladie ne progresse visiblement.

Cette stratégie d’interception a montré des résultats prometteurs : les patientes traitées avec le camizestrant, une nouvelle thérapie endocrinienne orale, ont vu leur risque de progression du cancer réduit de 56 %, retardant la première repousse tumorale de six mois en moyenne. Le taux de survie sans progression à 12 mois était de 60,7 % pour le groupe camizestrant contre 33,4 % pour le groupe témoin. À 24 mois, il était de 29,7 % contre 5,4 %.

Cette approche, qui consiste à changer de thérapie sur la base d’un signal sanguin sans attendre les signes cliniques, représente un véritable changement de paradigme vers une oncologie plus adaptative, améliorant significativement la prise en charge et la qualité de vie des patientes. Les autorités réglementaires européennes ont récemment recommandé l’approbation de cette stratégie thérapeutique, marquant une étape importante pour le traitement du cancer du sein avancé en Europe.