
La victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions a été suivie par des scènes de chaos et de violences dans les rues de Paris et d’autres villes de province, suscitant des réactions contrastées au sein de la classe politique française. Alors que la droite a unanimement condamné ces exactions, d’autres formations politiques ont minimisé l’ampleur des débordements.
Les incidents, incluant des magasins pillés, du mobilier urbain saccagé et des affrontements avec les forces de l’ordre, ont conduit à 780 interpellations sur l’ensemble du territoire, dont 457 gardes à vue. On dénombre également 219 blessés, dont 8 graves, parmi les participants aux célébrations, et 57 fonctionnaires de police et de gendarmerie blessés. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a précisé que ces chiffres représentaient une hausse de 32% par rapport à l’année précédente pour un événement similaire. Emmanuel Macron, le président de la République, a qualifié ces violences d’« inacceptables » lors de la réception des joueurs du PSG à l’Élysée, promettant que les responsables seraient poursuivis et punis.
Du côté de la droite, les condamnations ont été immédiates et fermes. Marine Le Pen, chef de file des députés du Rassemblement National (RN), a déploré que la France soit le seul pays où une victoire sportive débouche sur des émeutes, soulignant que les Français « n’en peuvent plus de ces scènes de chaos ». Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé des « bandes » qui s’en prennent aux biens publics, aux commerces et aux forces de l’ordre, qualifiant le mode opératoire de « caillasser, détruire, piller ». François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains (LR), a vu dans ces événements un « véritable projet » d’une minorité cherchant à détruire. Catherine Lécuyer, maire LR du 8e arrondissement de Paris, a même réclamé l’interdiction des rassemblements sur les Champs-Élysées.
En revanche, la gauche a affiché un silence plus embarrassé. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a critiqué Marine Le Pen pour « dénigrer systématiquement notre pays », préférant insister sur la « grande victoire française » du PSG. Le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné les violences tout en saluant la majorité des Parisiens qui ont célébré dans la joie. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), a rejeté la faute sur l’organisation gouvernementale de la soirée, appelant à revoir la doctrine du maintien de l’ordre. Clémence Guetté (LFI) a accusé la police d’avoir « tiré des grenades sur des familles » et « chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement ». Ces positions ont été vivement critiquées par Jordan Bardella, qui y voit un « soutien inconditionnel à ceux qui détruisent le bien d’autrui » et un « mépris affiché pour nos forces de l’ordre ».






