women-in-tech-conference
La France vise à féminiser les métiers de la tech pour stimuler croissance et innovation. Actuellement, les femmes sont sous-représentées (23% des emplois), freinant la compétitivité et l'autonomie numérique du pays face à une pénurie de talents.

La ministre déléguée à l’Intelligence artificielle et au Numérique, Anne Le Hénanff, a souligné l’importance cruciale d’intégrer davantage de femmes dans les métiers de la tech. Lors de l’événement Tech Boost’Her, elle a rappelé que se passer de « 50% de la population française » représente un « frein majeur à notre compétitivité, à notre capacité d’innovation et à notre autonomie ».

Ce constat est partagé par Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de l’Apec, qui insiste sur la nécessité de talents dans les entreprises françaises de la tech, du numérique et de l’IA. En se privant de la moitié des talents potentiels, ces entreprises ne peuvent disposer de toutes les compétences nécessaires pour assurer leur croissance et mener à bien leurs projets. La féminisation du secteur numérique est donc présentée comme un impératif économique « vital pour nous et pour notre pays ».

Le secteur de la tech est confronté à d’importantes difficultés de recrutement, avec 115 000 postes supplémentaires attendus d’ici 2030. Malgré la création d’emplois, 160 000 postes sont actuellement non pourvus au niveau national et 50% des employeurs rencontrent des difficultés à recruter. Nadine Crinier, directrice régionale Île-de-France de France Travail, a mentionné que le secteur représente « plus de 500 métiers ».

Les inégalités persistent : en France, seulement 23% des emplois dans le numérique sont occupés par des femmes. Ce chiffre tombe à 21% pour les startups fondées par des femmes ou des équipes mixtes, et à 2% pour les levées de fonds réalisées par des équipes exclusivement féminines. Dans l’intelligence artificielle, les femmes représentent à peine 15% des effectifs. Ce décalage est frappant, d’autant que les femmes représentent 60% des diplômés de master toutes disciplines confondues, mais seulement 24% des professionnels du numérique.

Emmanuelle Larroque, présidente de Social Builder, pointe une réalité culturelle : les jeunes femmes sont encore trop peu encouragées à s’orienter vers les carrières techniques. La fracture débute dès l’école primaire, où seulement 7% des adolescentes expriment un intérêt pour les métiers du numérique, contre 29% chez les garçons. À l’âge adulte, seulement 25% des femmes s’imaginent travailler dans la tech, soulignant l’ampleur du défi à relever pour atteindre une véritable parité dans ce secteur en pleine expansion.