
Sur la côte Pacifique colombienne, au cœur de l’archipel de Bahia Málaga, des milliers de femmes, les Piangüeras, perpétuent un savoir ancestral. Elles vivent de la récolte de la piangüa negra, un coquillage niché dans les racines entremêlées des palétuviers. Ces femmes, dont Flor Murillo, membre de l’association locale Raíces Piangüeras, défient des conditions éprouvantes. Leur départ est dicté par la marée, qui doit être suffisamment basse pour leur permettre d’accéder à la mangrove, sous un soleil ardent dès le matin.
La subsistance de près de 11 300 femmes et de leurs familles en Colombie dépend directement de ces mangroves. Ces écosystèmes côtiers ne sont pas seulement vitaux pour les Piangüeras, ils jouent également un rôle environnemental crucial à l’échelle mondiale. La Colombie abrite neuf espèces de mangroves, des forêts côtières qui agissent comme des barrières naturelles contre l’érosion et des refuges pour une biodiversité exceptionnelle.
Cependant, ce mode de vie et la survie de la piangüa negra sont menacés par la surexploitation. Les Piangüeras sont en première ligne pour protéger ce précieux coquillage et leur habitat, luttant pour préserver cet équilibre délicat entre tradition, subsistance et conservation. Leur combat est un exemple poignant de la manière dont les communautés locales peuvent être les meilleures sentinelles de leur environnement, face aux pressions modernes.







