
Dans sa première encyclique, « Magnifica Humanitas », publiée ce lundi, le pape Léon XIV, d’ascendance métisse, a livré une analyse approfondie des défis posés par l’intelligence artificielle (IA), n’hésitant pas à demander pardon pour le retard de l’Église dans la condamnation formelle de l’esclavage par son prédécesseur Léon XIII en 1888. Cette repentance marque un parallèle audacieux avec les risques d’un « nouvel esclavage » lié aux « formes subtiles de dépendance » engendrées par l’économie numérique.
Le souverain pontife met en garde contre la tentation de construire une « énième Babel », une référence biblique symbolisant l’orgueil humain face à la technologie. Il appelle à une gouvernance internationale de l’IA pour préserver la dignité humaine. L’encyclique, forte de 130 pages, souligne que l’IA ne peut être considérée comme moralement neutre et insiste sur la nécessité de l’« éducation » pour en maîtriser les risques.
Léon XIV exhorte à « désarmer l’IA » afin de l’empêcher de dominer l’humain, en rompant l’équivalence entre puissance technique et droit de gouverner. Il dénonce la concentration du contrôle des plateformes, des données et de la puissance de calcul entre les mains de quelques grands acteurs économiques, ce qui alimente un « fossé entre les inclus et les exclus ».
Le texte propose un cadre éthique et politique pour réguler ces innovations, soulignant l’importance de transformer la connaissance partagée en bien commun, et non en levier de domination. Le pape met également en lumière les inégalités et l’exploitation liées à l’essor de l’IA, mentionnant notamment le travail dangereux d’enfants et d’adolescents dans l’extraction des terres rares. Il insiste sur la nécessité de préserver la dignité humaine face à une vision réductrice de l’être humain.






