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L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo s'aggrave, causant plus de 200 décès. La souche Bundibugyo, sans vaccin, et les conflits armés compliquent la riposte.

L’épidémie actuelle de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est qualifiée d’« extrêmement grave » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette flambée, qui touche les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a déjà causé entre 200 et 220 décès et environ 1000 cas suspects en moins de deux semaines, selon les chiffres du 26 mai communiqués par le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba. C’est la 17ème épidémie d’Ebola que connaît la RDC, et l’OMS a rehaussé son évaluation du risque pour la santé publique nationale à « très élevé », le niveau maximal.

La souche responsable de cette épidémie est le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Le taux de létalité de cette souche peut atteindre jusqu’à 50 %. La situation est d’autant plus préoccupante que la détection de l’épidémie a été tardive, laissant le virus se propager rapidement. Des experts estiment que les restrictions budgétaires des programmes de santé mondiaux pourraient être en cause pour ce retard de détection.

Les efforts de riposte sont considérablement entravés par la faiblesse du système de santé congolais et les conflits armés persistants dans les régions affectées. L’instabilité sécuritaire et les importants déplacements de population dans l’Ituri et le Nord-Kivu, notamment à cause de groupes armés comme le M23, facilitent la propagation de la maladie. L’Ouganda voisin a également confirmé des cas, portant le total à cinq, dont un décès. L’OMS a d’ailleurs émis une alerte sanitaire internationale face à cette urgence.

Malgré les récents vaccins et traitements efficaces contre le virus Zaïre, majoritairement responsable des épidémies passées, la souche Bundibugyo représente un défi majeur. Les mesures de restriction se multiplient dans les zones touchées, incluant l’interdiction des veillées mortuaires et la limitation des rassemblements publics, pour tenter d’enrayer la progression du virus. La communauté internationale et les organisations humanitaires doivent faire face à une baisse générale des aides, compliquant davantage la gestion de cette crise sanitaire.