
L’investissement dans la « pierre papier » séduit de nombreux Français désireux de placer leur argent dans l’immobilier sans les contraintes de gestion directe. Deux options principales s’offrent alors : les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) et les foncières cotées en Bourse (SIIC). Bien que toutes deux permettent d’investir dans l’immobilier, leurs logiques diffèrent considérablement en termes de liquidité, de valorisation, de frais et de rendement.
Les SCPI sont des fonds collectifs qui acquièrent un patrimoine immobilier diversifié, offrant aux investisseurs des revenus locatifs sous forme de dividendes. L’investissement minimal peut varier de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Les SCPI sont perçues comme relativement stables, avec des rendements réguliers (autour de 4,5-4,7 % en moyenne par an). Cependant, elles présentent une liquidité limitée. La revente des parts peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et dépend de la capacité de la société de gestion à trouver des acquéreurs. En période de tension sur le marché immobilier, les problèmes de liquidité peuvent être plus marqués. Les revenus des SCPI sont imposés comme des revenus fonciers et les parts sont soumises à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Il est possible d’investir en SCPI à crédit, offrant ainsi un effet de levier intéressant.
En revanche, les foncières cotées, comme Unibail-Rodamco-Westfield ou Gecina, sont des sociétés immobilières dont les actions sont négociables en continu sur les marchés boursiers. Elles offrent une liquidité quasi-immédiate, permettant d’acheter ou de vendre des actions en quelques clics. Cette liquidité s’accompagne toutefois d’une volatilité plus élevée, les cours étant soumis aux fluctuations boursières. En période de crise, comme celle du COVID-19, la valeur de certaines foncières cotées a pu chuter significativement. Les foncières cotées ont une obligation de distribuer une grande partie de leurs bénéfices (au moins 85 % des loyers et 50 % des plus-values) sous forme de dividendes, offrant des rendements souvent proches de ceux des SCPI (4-6 % de dividende annuel). Fiscalement, les revenus des foncières cotées bénéficient du régime des valeurs mobilières (Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %) et ne sont pas soumises à l’IFI, ce qui peut être avantageux pour les contribuables fortement imposés. L’investissement dans les foncières cotées est accessible avec un ticket d’entrée plus faible, parfois quelques dizaines d’euros.
Le choix entre SCPI et foncières cotées dépend avant tout du profil d’investisseur et de ses objectifs. Les SCPI conviennent à ceux qui recherchent la stabilité et des revenus réguliers sur le long terme, acceptant une liquidité moindre. Les foncières cotées s’adressent aux investisseurs plus dynamiques, en quête de liquidité et potentiellement de plus-values boursières, et prêts à accepter une volatilité accrue. Une approche judicieuse peut consister à combiner ces deux types d’investissements pour diversifier son patrimoine et bénéficier des avantages de chaque véhicule.








