
La question de l’identité nationale divise profondément la gauche française, illustrée par les visions contrastées de Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. Ce dernier, dans son nouvel ouvrage Nous avons encore envie, tente de réinvestir le récit national, un terrain traditionnellement délaissé par sa famille politique mais jugé essentiel pour l’avenir du pays. Glucksmann critique l’approche des « nostalgiques du passé » et propose une définition de l’identité française ancrée dans des valeurs, une langue et une histoire communes.
Il y a dix ans déjà, Raphaël Glucksmann avait exploré ces thèmes dans Notre France, un essai qui appelait la gauche à se réapproprier le récit national. Aujourd’hui, en quasi-candidat à la présidentielle, il persiste dans cette voie, estimant que le patriotisme et le sentiment national ont été trop longtemps « ignorés » ou « méprisés » par la gauche. Son ambition est claire : contrer la vision de Jean-Luc Mélenchon et offrir une alternative sur un sujet jugé « inflammable » au sein de la gauche.
La « nouvelle France » prônée par Mélenchon se heurte ainsi à la « fierté française » défendue par Glucksmann, créant un clivage idéologique majeur. Ce débat met en lumière les tensions internes à la gauche concernant l’approche des thèmes régaliens et identitaires. Pour Glucksmann, l’impuissance publique face aux préoccupations des Français sur leur identité est une erreur stratégique que sa candidature vise à corriger.
Cette polarisation autour de l’identité nationale risque d’avoir des répercussions significatives sur le paysage politique, notamment à l’approche des échéances électorales. La capacité de chaque camp à convaincre sur ce sujet déterminera en partie leur succès et leur capacité à mobiliser l’électorat.







