
La protection de l’enfance en France se heurte à un paradoxe fiscal : les dons qui lui sont destinés bénéficient d’un avantage fiscal moindre comparé à d’autres causes. Cette situation interpelle, d’autant plus que les chiffres concernant la maltraitance infantile sont alarmants. En 2023, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a révélé que 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. De plus, 5,4 millions d’adultes déclarent avoir subi des violences sexuelles avant l’âge de 18 ans.
Ces chiffres effrayants sont régulièrement mis en lumière par des affaires retentissantes, telles que celle de l’école catholique de Bétharram, près de Pau, où de nombreux enfants ont été victimes de violences pendant des années. Plus récemment, des scandales ont éclaté dans le milieu périscolaire à Paris et en province. Solène Podevin Favre, présidente de l’association Face à l’inceste et ancienne présidente de la Ciivise, déplore que l’enfance maltraitée, qu’elle soit psychologiquement, physiquement ou sexuellement, « ne mobilise pas toute la société ».
Malgré ces constats accablants, la générosité des Français envers la jeunesse semble réelle. Selon le dernier baromètre de la Fondation Apprentis d’Auteuil, la jeunesse figure à la cinquième place des préoccupations qui motivent les dons. Cependant, la problématique de la fiscalité des dons pour la protection de l’enfance soulève des questions quant à l’incitation à soutenir financièrement cette cause essentielle. Certains observateurs s’interrogent sur l’utilisation des fonds publics, soulignant que des milliards d’euros sont alloués à des associations non contrôlées, alors que les besoins pour les enfants sont criants. Une meilleure orientation et un contrôle accru des dépenses publiques pourraient permettre de flécher davantage de ressources vers les véritables besoins des enfants français.






