
Un accord préliminaire entre Washington et Téhéran, signé par Donald Trump, a jeté les bases d’une réouverture du détroit d’Ormuz, une voie navigable cruciale pour le commerce mondial de pétrole. Cet accord prévoit que l’Iran lève « sans délai » le blocage de ce goulet stratégique, tandis que les États-Unis s’engagent à mettre fin à leur blocus naval. Cependant, une nouvelle source de tension est apparue : l’Iran envisage d’instaurer un péage sur le passage des navires, une idée fermement rejetée par Washington, promettant des négociations ardues dans les 60 prochains jours.
Le détroit d’Ormuz est d’une importance capitale, car il voit transiter environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, soit près de 20 millions de barils par jour en temps normal. En 2022, le flux quotidien de pétrole y a même dépassé les 20 millions de barils, représentant environ 20% de la production mondiale de pétrole. Les pays d’Asie, notamment la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud, sont les principaux destinataires de ce pétrole, absorbant 67% des flux en 2022 et au premier semestre 2023. L’Iran a d’ailleurs créé la « Persian Gulf Strait Authority » pour gérer le trafic maritime et proposer des frais de transit.
Bien que l’accord initial prévoie une période de 60 jours sans frais de transit pour les navires commerciaux, le chef négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé que le détroit d’Ormuz ne reviendrait pas à ses conditions d’avant-guerre et que l’Iran se réservait le droit de percevoir des frais de service après cette période. Cette distinction entre « péage » et « frais de service » est centrale, car le droit maritime international autorise les États côtiers à facturer des services spécifiques, mais pas un droit de passage général à travers un détroit international. L’Iran serait en pourparlers avec Oman pour établir un tel système de frais.
Cette initiative iranienne est perçue comme une tentative de monétiser son contrôle sur une voie navigable vitale et d’utiliser ce levier géopolitique dans les négociations, notamment pour obtenir un allégement des sanctions et des réparations de guerre. La proposition iranienne de faire payer les frais de transit en rial iranien soulève également des inquiétudes quant à la stabilité de l’approvisionnement énergétique mondial. L’enjeu est de taille, car une interruption du trafic pourrait entraîner des retards importants, une augmentation des coûts de transport et une hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale.






