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Les ministres européens de l'Intérieur ont salué la gestion espagnole de la crise de Ceuta et appellent à une meilleure coopération. Renforcement des contrôles aux frontières, lutte contre les passeurs et soutien à Schengen sont les mesures clés.

Suite à une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, la gestion espagnole de la crise migratoire à Ceuta a été unanimement saluée. Les discussions, qui ont duré trois heures, ont mis en lumière la situation délicate de cette enclave, qui a vu arriver un afflux soudain de 72 000 migrants la semaine dernière. Selon les chiffres du ministre de l’Intérieur espagnol, 70 000 d’entre eux ont été rapidement raccompagnés. Cet événement a ravivé les débats sur le contrôle des frontières et la nécessité d’une coopération européenne accrue. Soixante-quinze corps de migrants ont malheureusement été retrouvés, a déploré le ministre espagnol lors de cette réunion tendue.

Laurent Nunez, résumant les échanges, a souligné la solidarité de tous les pays envers le gouvernement espagnol et sa «coopération remarquable avec le Maroc». La crise a mené à la mise en œuvre de nouvelles mesures en Espagne, incluant l’installation d’un «barrage flottant» au large de Ceuta. Côté français, un «renforcement significatif du contrôle à la frontière franco-espagnole» est d’ores et déjà effectif. Cinq forces mobiles opèrent sur 37 points de passage entre les Pyrénées-Orientales et les Pyrénées-Atlantiques, et seront renforcées par 186 personnels supplémentaires de la force frontière d’intervention rapide dès mercredi.

Laurent Nunez a également affirmé que l’«espace Schengen n’était pas le problème, mais la solution», insistant sur la volonté de renforcer la lutte contre les réseaux de passeurs, de démanteler ces réseaux dans les pays de transit et d’améliorer le retour des migrants dans leurs pays d’origine. L’adoption du pacte européen sur l’asile et la migration a été saluée, avec des mesures clés comme le filtrage à l’entrée et au sein de l’UE, l’enregistrement des données biométriques et le raccourcissement de la procédure Dublin. La France soutient pleinement ces avancées, notamment le règlement retour qui supprime le délai de départ volontaire et accroît les prérogatives pour identifier les réseaux.

Concernant les traversées de la Manche, Laurent Nunez a noté une diminution constante. Le nombre de traversées réussies est passé de 413 l’année précédente à 160 depuis le début de l’année. Le taux d’échec est monté à 65% grâce à une nouvelle doctrine d’interception des navires en mer, contre 58% l’année passée à la même période. Ces chiffres témoignent des efforts déployés pour contrôler les flux migratoires et assurer la sécurité aux frontières.