
L’Ukraine a officiellement franchi une étape cruciale vers son adhésion à l’Union européenne, avec le lancement des négociations formelles le lundi 15 juin à Luxembourg. Cette décision unanime des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept marque un moment historique pour Kiev, dont le processus était ralenti par diverses objections, notamment de la Hongrie. Un premier « cluster » de cinq chapitres de négociation, axé sur les dossiers fondamentaux comme l’État de droit, la démocratie et la justice, a été ouvert simultanément pour l’Ukraine et la Moldavie.
La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, se montre optimiste quant à l’ouverture des cinq autres clusters (comprenant l’agriculture, le marché intérieur et l’environnement) dès juillet, bien que chaque étape requière l’unanimité des membres. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky aspire à une finalisation des négociations d’ici 2027, une ambition qualifiée d’« optimiste » par certains analystes. En effet, bien que l’Ukraine ait accompli environ 84 % des réformes nécessaires depuis 2014, le chemin reste complexe et semé d’embûches.
Les pays Baltes et Nordiques soutiennent activement une intégration « dès que possible », soulignant l’importance géopolitique de cette adhésion pour la sécurité européenne. À l’inverse, la Hongrie, sous la direction de Péter Magyar, a exprimé des réserves sur un processus accéléré et conditionne son soutien à l’application des droits des minorités hongroises en Transcarpatie, exigeant un référendum contraignant si l’Ukraine parvient à clore tous les chapitres en dix ou quinze ans. Le premier cluster étant le plus fondamental, sa progression déterminera le rythme général des négociations.






