German-army-exercise
Les militaires français s'inquiètent du « cavalier seul » de l'Allemagne en matière de défense, alors que Berlin double son budget militaire. Un écart qui menace la position de la France en Europe.

Les militaires français expriment de vives inquiétudes face à ce qu’ils perçoivent comme un « cavalier seul » de Berlin en matière de défense, craignant un « décrochage » capacitaire de la France. Le général Mandon, chef d’état-major des armées, a publiquement fait part de ses préoccupations face à l’écart croissant entre les budgets de défense des deux pays.

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Allemagne a opéré un « Zeitenwende », un changement d’ère, en annonçant un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour moderniser sa Bundeswehr. Cette initiative a été suivie d’une augmentation rapide de son budget de la défense, qui devrait atteindre 2,69 % du PIB en 2026, contre 1,46 % en 2022. En comparaison, le budget français de la défense passera de 1,87 % à 2,22 % sur la même période, s’élevant à 64 milliards d’euros.

En 2026, le budget militaire allemand devrait dépasser les 108 milliards d’euros, soit près du double de celui de la France, qui peine à suivre le rythme. Cette différence significative pourrait permettre à l’Allemagne de devenir la première armée conventionnelle d’Europe. Les militaires français craignent que cette augmentation spectaculaire des investissements allemands ne creuse un fossé trop important, notamment en termes d’acquisition d’équipements comme les avions de chasse F-35 ou les lanceurs Typhon américains, où l’Allemagne investit massivement.

Le général Mandon a souligné la nécessité pour la France de se préparer à un éventuel conflit de haute intensité dans les trois à quatre prochaines années, en réponse à la menace russe. Il a insisté sur l’importance d’un « réarmement moral de la Nation » et sur la détermination collective à défendre les valeurs françaises. Cependant, l’écart budgétaire grandissant avec l’Allemagne soulève des questions quant à la capacité de la France à maintenir son rang et à peser sur les programmes de défense européens communs.