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Thierry Breton, ancien commissaire européen, appelle le monde politique à s'adapter à la nouvelle nature de l'innovation. Il rappelle le rôle historique de la France dans les avancées technologiques et analyse les raisons du retard actuel de l'Europe.

L’ancien commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, souligne la nécessité pour le monde politique de saisir la profonde mutation de l’innovation. La France a longtemps été un moteur de l’innovation technologique au XXe siècle, mais l’Europe accuse aujourd’hui un certain retard.

Thierry Breton met en lumière le rôle singulier de la France dans l’histoire des révolutions techniques. Le pays a excellé dans la formulation des principes et des concepts fondamentaux, indispensables aux grandes avancées. Des figures emblématiques comme Carnot pour la thermodynamique, Ampère pour l’électricité, Pasteur pour la microbiologie, et les Curie pour la radioactivité, témoignent de cette capacité française à être en amont des bascules technologiques. Le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) est également cité pour son rôle dans le domaine du nucléaire. Bien que la France conserve une forte puissance scientifique, elle peine désormais à traduire son excellence en domination industrielle, contrairement à son passé.

Cette situation soulève la question des ingrédients qui ont permis à la France de jouer un rôle si particulier. Selon Thierry Breton, l’innovation a aujourd’hui changé de nature et il est impératif que les dirigeants politiques en prennent pleinement la mesure. Il insiste sur le fait que les règles stimulent l’innovation, loin de la freiner, citant l’industrie automobile et l’aéronautique comme exemples de secteurs très réglementés mais innovants au XXe siècle. En tant que commissaire européen, il a activement œuvré pour une harmonisation du marché numérique européen, considérant que la fragmentation du marché était un frein majeur.

Thierry Breton a notamment été à l’origine de l’European Chips Act pour renforcer la production de semi-conducteurs en Europe et du AI Act, visant à établir un cadre réglementaire pour l’intelligence artificielle. Son parcours, marqué par des postes de direction chez Thomson, France Télécom et Atos, ainsi que des fonctions ministérielles, souligne son engagement en faveur de la compétitivité européenne face aux défis du XXIe siècle.