
Bruno Retailleau a marqué les esprits en faisant adopter, mardi au Sénat, sa proposition de loi controversée contre l’« entrisme islamiste ». Ce texte, soutenu par 208 voix contre 124, est perçu comme une étape significative dans sa course à l’Élysée, notamment face à Laurent Nuñez qui promet une initiative gouvernementale plus « rigoureuse » à venir.
Le projet de loi de Bruno Retailleau ne se limite pas à des déclarations ; il contient des mesures concrètes. Parmi celles-ci, on trouve la possibilité de bloquer la construction de lieux de culte, la dissolution d’associations ou de groupes contournant la loi au nom de préceptes religieux, ainsi que le gel de leurs avoirs. De plus, il instaure un nouveau délit visant l’atteinte aux principes fondamentaux de la République.
Laurent Nuñez, actuel ministre de l’Intérieur, a réagi en qualifiant le texte de Retailleau d’« œuvre inachevée », tout en annonçant un projet de loi gouvernemental plus global. Ce dernier ne ciblera pas uniquement l’entrisme islamiste, mais toutes les formes de séparatisme et d’entrisme, incluant les groupes d’ultradroite, et mettra l’accent sur ceux qui « provoquent à la discrimination, la haine, la violence » ou qui menacent la République.
La démarche de Bruno Retailleau s’appuie sur un rapport de 2025, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, qui mettait en lumière l’« entrisme » des Frères musulmans en France, identifiant de nombreux lieux de culte et établissements liés à cette mouvance. Pour Retailleau, l’islamisme politique cherche à « installer à terme sur notre territoire un État islamique », et il estime qu’il est impératif d’agir « fermement et rapidement » face à cette menace documentée.






