French-local-democracy
François Sauvadet, président des Départements de France, critique une « recentralisation » inédite sous Emmanuel Macron, dénonçant un recul des libertés locales et un État centralisateur qui asphyxie les collectivités.

François Sauvadet, président UDI des Départements de France, dénonce une « recentralisation » sans précédent au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, affirmant que les libertés locales n’ont jamais été autant menacées. Selon lui, cette période a été marquée par la « résistance de la haute administration » face à toute tentative de décentralisation.

M. Sauvadet critique un « jeu de bonneteau fiscal » qui prive les collectivités locales de la capacité de lever l’impôt, les plaçant ainsi sous la tutelle de l’État via des dotations gelées. Il dénonce le retour d’un État centralisateur qui dicte ses volontés et affaiblit la démocratie locale, notamment par les lois « NOTRe » et « MAPTAM ». Il estime que donner des compétences sans les moyens de les mettre en œuvre est une forme de « décentralisation sous tutelle », menant à une inefficacité de l’action publique.

Concernant les promesses de décentralisation de Sébastien Lecornu, François Sauvadet ne doute pas de sa bonne volonté, mais constate que « l’esprit de résistance de la haute administration » a prévalu. Il cite l’exemple des Agences régionales de santé (ARS) qui devaient être revues et départementalisées, mais dont la réforme a été bloquée.

Le président des Départements de France qualifie d’« inacceptable » la proposition du Haut-Commissariat au Plan visant à encadrer les dépenses des collectivités locales. Il y voit une « insulte » et une tentative d’« asphyxier les collectivités », et demande à l’État de cesser d’imposer des charges supplémentaires.

Dans un contexte de mobilisation, François Sauvadet souligne l’union des départements, des maires et des régions pour défendre les libertés locales face à la haute administration. Il insiste sur la nécessité de redonner du souffle à la décentralisation pour retrouver la confiance des Français. Enfin, il appelle les futurs présidentiables à se prononcer clairement sur leur vision de la décentralisation, alertant sur l’incapacité future des départements à financer les solidarités si le modèle actuel n’est pas réinterrogé en profondeur.