
Après l’Espagne en octobre 2025, les députés irlandais ont voté mardi une loi interdisant l’importation de produits provenant des colonies israéliennes situées dans les territoires occupés. Cette mesure, jugée illégale par l’ONU, marque une position forte de la part de Dublin, malgré les difficultés de l’Union européenne à adopter une approche commune sur le sujet. Le projet de loi, qui doit encore être approuvé par la chambre haute du Parlement irlandais, concerne les biens agricoles et industriels, mais exclut les services.
Le gouvernement de centre droit irlandais a justifié cette législation en la qualifiant d’« obligation au regard du droit international », s’appuyant sur un avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) rendu en juillet 2024. Cet avis a jugé que l’occupation par Israël de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza, était illégale au regard du droit international. L’opposition de gauche a tenté d’étendre l’interdiction aux services (tourisme, technologies), mais ces amendements ont été rejetés par le gouvernement, invoquant les « énormes défis » posés par le droit européen et la diversité du secteur des services.
L’impact économique de cette décision est considéré comme minime, les échanges commerciaux de l’Irlande avec les territoires occupés par Israël n’ayant pas dépassé un million d’euros entre 2020 et 2024. Cette initiative irlandaise s’inscrit dans la continuité de sa position critique envers la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. L’Irlande, aux côtés de l’Espagne et de la Norvège, a d’ailleurs reconnu l’État palestinien en mai 2024, provoquant des tensions avec Israël. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a d’ailleurs réitéré son intention de demander à la Commission européenne de proposer d’éventuelles sanctions contre les exportations des colonies israéliennes.






