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Le groupe européen ESN de Sarah Knafo (Reconquête) est visé par une enquête du Parlement européen pour des propos racistes, islamophobes et homophobes. Une suspension pourrait coûter deux millions d'euros de subventions et son statut.

Le Parlement européen a lancé une enquête visant le groupe d’extrême droite ESN (Europe des nations souveraines), co-fondé par l’AfD allemande et dont la vice-présidente est la Française Sarah Knafo (Reconquête). Cette décision fait suite à des propos jugés racistes, islamophobes, homophobes ou antisémites tenus par des membres des partis affiliés. Cette initiative pourrait priver le groupe de près de deux millions d’euros de subventions annuelles du Parlement européen et entraîner la perte de son statut de parti politique européen.

Cette enquête, une première dans l’histoire des partis politiques européens pour de telles violations, découle d’une requête de l’Autorité pour les partis politiques européens et les fondations politiques européennes (APPF). Le rapport de l’APPF, qui compte 294 pages, souligne des manquements graves aux valeurs fondamentales de l’UE, énoncées à l’article 2 du Traité de l’UE, incluant le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’État de droit et le respect des droits de l’Homme.

Parmi les déclarations incriminées figurent celles d’Alice Weidel (AfD) sur les enfants musulmans, d’Éric Zemmour (Reconquête) sur la « refrancisation » et la « rechristianisation », ou encore des propos homophobes et un éloge d’Adolf Hitler attribués au parti bulgare Vazrazhdane. Les déclarations de Maximilian Krah (AfD) assimilant des SS à de non-criminels avaient déjà conduit Jordan Bardella à prendre ses distances avec l’AfD en mai 2024.

Bien que cette enquête représente un « signal fort » selon l’écologiste allemand Daniel Freund, l’issue reste incertaine. L’enquête de l’APPF peut durer de neuf à douze mois, et ses conclusions peuvent être contestées. Un parti a la possibilité de corriger les erreurs reprochées, mais l’impact sur le vote des électeurs allemands reste faible. Pour le chercheur Eric Maurice, cette démarche pourrait cependant « faire la lumière sur la nature du parti allemand » et potentiellement ternir l’image de Sarah Knafo en vue de l’élection présidentielle française de 2027.