
L’État français a annoncé une initiative majeure pour réduire sa dépendance aux technologies américaines : la migration progressive de Windows vers Linux, un système d’exploitation libre. La Direction interministérielle du numérique (Dinum) a lancé ce mouvement, incitant tous les ministères à élaborer leurs propres plans de transition d’ici l’automne. David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a souligné l’impératif pour l’État de se « désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique ».
Cette décision représente un tournant significatif. Bien que des discours aient été tenus par le passé concernant la nécessité de se détacher des solutions américaines, la mise en œuvre concrète restait limitée. Il y a peu, l’Éducation nationale signait encore un contrat important avec Microsoft. Cependant, la Dinum a désormais pour objectif de coordonner un plan interministériel de réduction des dépendances extra-européennes, couvrant tous les aspects logiciels, du poste de travail aux outils collaboratifs, en passant par l’intelligence artificielle et les bases de données.
Le chantier s’annonce long et complexe, notamment pour les grands ministères. L’État pourra s’appuyer sur l’expérience de la Gendarmerie nationale qui, dès la fin des années 2000, a réussi à migrer l’ensemble de ses 100 000 postes de Windows XP vers Ubuntu (basé sur Linux). Ce précédent démontre la faisabilité d’une telle transition à grande échelle. Cette initiative est également renforcée par un contexte géopolitique tendu, notamment l’affaire du juge Nicolas Guillou, qui a vu ses accès aux solutions américaines coupés, soulignant l’importance vitale de la souveraineté numérique pour la France et l’Europe.






