
La santé mentale des enfants et adolescents est une préoccupation majeure en France, comme le révèlent deux enquêtes nationales menées par Santé publique France. Ces études, Enabee (2022) et EnCLASS (2024), mettent en lumière les facteurs de risque et les signaux d’alerte chez les jeunes âgés de 6 à 18 ans. Le coût de la santé mentale représente le premier poste de dépense de l’Assurance maladie, soulignant l’urgence de renforcer la surveillance épidémiologique, particulièrement chez les plus jeunes.
L’enquête Enabee, réalisée auprès de 15 000 élèves du CP au CM2, de leurs enseignants et de leurs parents, a confirmé qu’un enfant sur huit entre 6 et 11 ans présente au moins un trouble probable de santé mentale. Ce chiffre alarmant est stable par rapport aux années précédentes. De son côté, EnCLASS a collecté les témoignages anonymes de 11 400 collégiens et lycéens, permettant d’identifier les facteurs de risque spécifiques à cette tranche d’âge.
Les principaux facteurs identifiés incluent le harcèlement scolaire, la précarité et les conflits parentaux. Ces éléments perturbent gravement le développement émotionnel et psychologique des enfants, entraînant des conséquences durables sur leur bien-être. Les experts insistent sur l’importance de l’environnement familial et éducatif dans la construction de la santé mentale des jeunes. Un équilibre parental et un investissement suffisant dans l’éducation sont cruciaux pour offrir aux enfants les repères nécessaires.
La banalisation du divorce et le temps passé en collectivité sont également pointés du doigt comme des défis pour l’éducation des enfants. Il est essentiel que les parents puissent jouer leur rôle de piliers éducatifs, l’État ne pouvant suppléer à tous les manques. Renforcer les dispositifs de soutien aux familles et sensibiliser aux enjeux de la santé mentale dès le plus jeune âge apparaissent comme des leviers indispensables pour prévenir les troubles et offrir un meilleur avenir aux générations futures.






