
Une soixantaine d’agents pénitentiaires ont bloqué ce mercredi matin l’accès au centre pénitentiaire de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, pour dénoncer la surpopulation alarmante de l’établissement. Alors que sa capacité opérationnelle est de 703 places, la prison accueille actuellement 1355 personnes incarcérées, soit près du double. Cette situation entraîne la présence de plus de 200 matelas au sol, et un épuisement généralisé du personnel.
Les agents expriment un « ras-le-bol total », qu’ils attribuent à des magistrats qui « n’en font qu’à leur tête et incarcèrent à tout va ». Cette mobilisation a eu des conséquences directes, avec l’annulation des parloirs pour la journée et la restriction des extractions de prisonniers. La France est régulièrement pointée du doigt par le Conseil de l’Europe pour sa densité carcérale excessive, un récent rapport alertant même sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ».
La surpopulation carcérale met en péril la sécurité des agents, qui se retrouvent face à plusieurs détenus lors de l’ouverture d’une cellule, au lieu d’une seule personne. Clémentine Autain, députée de la circonscription, a soutenu la mobilisation, critiquant « le gouvernement qui ne peut pas continuer à empiler des lois répressives qui enferment et ne permettent pas des solutions alternatives à la prison ».
Face à cette crise, l’administration pénitentiaire a indiqué qu’une politique d’orientation active des personnes condamnées vers d’autres établissements est mise en œuvre. Une extension du centre pénitentiaire sur la commune de Tremblay-en-France est également prévue pour 2028, promettant la création de 706 places supplémentaires, afin de tenter de résorber cette situation intenable.






