
Depuis l’élimination du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, par Israël, et le début des hostilités au Moyen-Orient le 28 février, le détroit d’Ormuz est devenu un point névralgique du conflit. La dernière escalade en date est le blocus du trafic maritime pour tous les navires en provenance ou à destination des ports iraniens, annoncé ce lundi après-midi par le président américain Donald Trump.
Pourtant, un cessez-le-feu de deux semaines, instauré mercredi matin entre Téhéran et Washington, prévoyait une réouverture totale de ce bras de mer, large de moins de 55 kilomètres. L’Iran, qui avait préalablement miné le détroit avec de petites embarcations au début du conflit, avait même communiqué des itinéraires spécifiques pour les navires, incluant une zone à éviter où se concentraient les charges explosives.
La reprise du trafic maritime avait été modeste, avec une cinquantaine de bateaux ayant transité entre le début du cessez-le-feu et l’instauration du blocus. Actuellement, au moins 1600 navires et 20 000 marins sont bloqués autour du détroit d’Ormuz, une situation qui soulève des inquiétudes majeures pour le commerce mondial et la stabilité régionale.
Alors que Donald Trump avait assoupli certaines sanctions contre l’Iran pour éviter une déstabilisation trop brutale du marché de l’énergie, permettant au pays d’exporter 1,85 million de barils par jour en mars, l’objectif actuel de la Maison-Blanche semble être de priver Téhéran de ses revenus liés aux hydrocarbures. L’Iran continuait en effet d’exporter son pétrole via une flotte fantôme, contournant ainsi les sanctions internationales.
La Chine, principal client de l’Iran, est également visée par cette stratégie. En la privant des livraisons de Téhéran, Washington espère la pousser à faire pression sur l’Iran pour mettre fin au blocus qui a fait flamber les prix des hydrocarbures. Le détroit d’Ormuz est une route cruciale par laquelle transite environ 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) chaque année, représentant une valeur de 600 milliards de dollars en 2025.








