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Les États-Unis imposent de nouveaux droits de douane sur le silicium polycristallin, essentiel aux semi-conducteurs et panneaux solaires, pour relocaliser la production face à la domination chinoise et renforcer la sécurité nationale. Cette mesure protectionniste suscite des inquiétudes quant aux représailles et aux coûts.

Les États-Unis ont mis en place de nouveaux droits de douane sur le silicium polycristallin et ses dérivés, un matériau crucial pour les semi-conducteurs et les panneaux solaires. Cette décision, annoncée par le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, vise à rapatrier la production sur le sol américain, actuellement dominée par la Chine. M. Lutnick a expliqué depuis la Maison-Blanche, en présence de Donald Trump, que ces mesures sont un signal clair pour encourager la construction et la fabrication de ces composants essentiels aux États-Unis, car l’industrie nationale est jugée trop restreinte.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une enquête lancée il y a un an, basée sur une loi de 1962 permettant de protéger un secteur d’activité s’il représente un risque pour la sécurité nationale. En plus des droits de douane, le gouvernement américain envisage d’instaurer un prix plancher pour le silicium polycristallin importé. La Chine, qui domine la chaîne d’approvisionnement du polysilicium, a déjà réagi en critiquant le protectionnisme américain, affirmant que cela perturberait le commerce mondial.

Les analystes soulignent que cette politique protectionniste, bien que visant à renforcer l’autonomie américaine, pourrait entraîner des représailles chinoises, notamment sur les exportations de terres rares ou d’autres composants stratégiques. Des inquiétudes sont également soulevées quant à l’impact sur les coûts des panneaux solaires et des puces électroniques aux États-Unis, potentiellement préjudiciable pour l’industrie solaire américaine qui dépend encore des importations. Cependant, certains experts estiment qu’un prix plancher combiné aux tarifs pourrait offrir une marge de survie aux producteurs américains tout en stimulant les capacités nationales.

Cette stratégie s’inscrit dans un mouvement plus large de l’administration américaine pour relancer l’industrie manufacturière et attirer les investissements étrangers dans des secteurs clés comme les semi-conducteurs, avec des efforts pour réduire la dépendance vis-à-vis des sources étrangères, notamment chinoises.