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Le Pr Jean-François Gautier alerte sur l'augmentation des cirrhoses métaboliques chez les non-buveurs. La stéatose hépatique, liée aux sucres raffinés et au diabète, est une menace silencieuse nécessitant un dépistage précoce et des mesures hygiéno-diététiques.

Le professeur Jean-François Gautier, chef du service d’endocrinologie et de diabétologie de l’hôpital Lariboisière, alerte sur une augmentation préoccupante des cas de cirrhoses métaboliques chez des patients non-consommateurs d’alcool. Ce phénomène met en lumière le rôle croissant de la stéatose hépatique, communément appelée « maladie du foie gras », particulièrement chez les personnes diabétiques, un enjeu majeur de santé publique.

Longtemps, l’obésité fut associée à un simple déséquilibre calorique. Cependant, le Pr Gautier souligne qu’une consommation excessive de **sucres raffinés à index glycémique élevé** est de plus en plus incriminée. Ces sucres provoquent une augmentation rapide de la glycémie, favorisant le stockage des graisses et contribuant à la résistance à l’insuline, un facteur clé dans le développement de la stéatose hépatique.

La stéatose hépatique métabolique (MASLD) se caractérise par une accumulation de lipides dans le foie. Sans prise en charge adéquate, elle peut évoluer vers une stéatohépatite métabolique (MASH), puis vers une fibrose avancée, aboutissant à la cirrhose, voire au carcinome hépatocellulaire. Les diabétiques de type 2 sont particulièrement à risque, avec une prévalence de MASLD pouvant atteindre 70 %.

Le dépistage précoce des atteintes hépatiques est crucial, notamment chez les patients diabétiques. Le Pr Gautier insiste sur l’importance d’intégrer la surveillance du foie au bilan de santé régulier des diabétiques, car la prévalence des lésions hépatiques sévères est estimée à 50 % chez ces patients, avec 10 % de cas de cirrhose avérée sur histologie.

Face à cette menace grandissante, les mesures hygiéno-diététiques, comme la perte de poids et l’exercice physique, demeurent le traitement le plus efficace pour réduire la résistance à l’insuline et influencer positivement l’évolution de la MASLD. Une prise en charge agressive des facteurs de risque cardiovasculaire associés au diabète est également primordiale.