
La Suisse est au cœur d’un débat national crucial : un référendum sur l’immigration visant à limiter la population à 10 millions d’habitants d’ici 2050. Cette initiative, portée par l’Union démocratique du centre (UDC), principal parti anti-immigration, a été soumise au vote des citoyens le dimanche 14 juin 2026. En novembre 2025, la Confédération comptait déjà 9,1 millions d’habitants, dont 2,5 millions d’étrangers résidents, soit 27% de la population. L’introduction de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne en 2002 a profondément modifié la démographie helvète, entraînant une augmentation de la population d’environ 1,7 million d’habitants due principalement à l’immigration.
L’initiative, intitulée « Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité) », a rapidement recueilli plus de 110 000 signatures en neuf mois, dépassant largement le seuil requis pour un référendum. Initialement, les sondages penchaient en faveur du « oui ». En décembre 2025, une enquête de Tamedia indiquait 48% pour le « oui » contre 41% pour le « non ». Des chiffres similaires étaient rapportés en septembre par la « Neue Zürcher Zeitung ».
Cependant, la dynamique a progressivement changé au cours de la campagne. Le camp du « non », soutenu par la majorité des grands partis suisses, le gouvernement fédéral et le Parlement, a gagné du terrain. Fin avril 2026, un sondage LeeWas pour 20 Minutes et Tamedia montrait 52% pour le « oui » et 46% pour le « non ». Mais le 3 juin, la tendance s’est inversée, avec 47% pour le « oui » et 52% pour le « non », une évolution confirmée par l’institut gfs.bern et un sondage YouGov donnant 43% au « oui » et 51% au « non ».
Le texte de l’initiative prévoit des mesures spécifiques si la population résidente dépasse 9,5 millions d’habitants avant 2050, notamment dans le droit d’asile et le regroupement familial. En cas de franchissement du seuil de 10 millions avant 2050, la Suisse devrait dénoncer les accords internationaux contribuant à cette croissance, y compris l’accord de libre circulation avec l’UE. Les opposants craignent que cette initiative ne résolve pas la pénurie de logements ni ne fournisse la main-d’œuvre nécessaire à l’économie, tandis que les partisans de l’UDC estiment que la croissance rapide de la population aggrave la perte d’identité, la baisse de qualité de vie et la surcharge des infrastructures.






