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Le géant Mondelez a été sanctionné en Allemagne pour avoir réduit le poids de ses tablettes Milka sans information claire. Une décision de justice contre la « shrinkflation » qui fait jurisprudence et met en lumière les pratiques trompeuses du secteur agroalimentaire.

Le géant de l’agroalimentaire Mondelez, propriétaire de la marque de chocolat Milka, a été sanctionné en Allemagne pour avoir eu recours à la « shrinkflation ». Un tribunal allemand a jugé que Mondelez avait trompé les consommateurs en réduisant le poids de ses tablettes de chocolat au lait sans en informer clairement les acheteurs. Cette pratique, qui consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant ou augmentant son prix, a valu à Milka le titre peu enviable d’« emballage trompeur de l’année » 2025, décerné par une association de consommateurs allemande.

La célèbre tablette Milka « Alpenmilch », habituellement de 100 grammes, a été commercialisée à 90 grammes depuis début 2025, tandis que son prix est passé de 1,49 euro à 1,99 euro. La réduction de poids de 10 grammes, soit un millimètre d’épaisseur en moins, est passée inaperçue pour de nombreux consommateurs, l’emballage étant resté quasiment identique. Le tribunal de Brême a statué que Mondelez aurait dû inclure une mention claire et facilement perceptible sur le nouveau paquet pour éviter d’induire en erreur les consommateurs.

Le Centre de protection des consommateurs de Hambourg (Verbraucherzentrale Hamburg) avait intenté une action en justice contre Mondelez pour infraction au droit de la concurrence. La société américaine peut faire appel de cette décision dans un délai d’un mois. Un porte-parole de Mondelez a indiqué que l’entreprise examinait attentivement le raisonnement de la cour, affirmant avoir informé les consommateurs allemands de ce changement sur son site web et ses réseaux sociaux.

Mondelez a justifié cette réduction de taille et l’augmentation de prix par la hausse des coûts des matières premières, notamment du cacao, et des coûts de la chaîne d’approvisionnement, dans un environnement « plus complexe et instable que jamais ». La « shrinkflation » est une pratique qui s’est étendue à de nombreux produits et qui est désormais interdite en France depuis un arrêté ministériel de mai 2024, qui impose aux distributeurs d’informer les consommateurs en cas de diminution de quantité sans baisse de prix proportionnelle.