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Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, est poursuivi par la CGT pour « harcèlement moral institutionnel » suite à sa politique de réduction des aides sociales jugées injustifiées, diminuant de 25% le nombre de bénéficiaires du RSA dans le département. Le procès est attendu le 15 juin.

Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère et proche d’Édouard Philippe, est au cœur d’une controverse majeure. La CGT l’a en effet poursuivi au pénal pour « harcèlement moral institutionnel » à l’encontre de six allocataires du RSA. Cette action inédite vise à contester la politique de Maël de Calan, lancée il y a trois ans, qui cible les « profiteurs du système » en réduisant les aides sociales injustifiées dans le Finistère.

Depuis fin 2021, le nombre de bénéficiaires du RSA dans le Finistère a diminué de 25 %, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale (3,4 %). Selon Maël de Calan, cette baisse s’explique par un retour à l’emploi (deux tiers des cas), des sanctions (19 %) et des changements de situation (14 %). Ces mesures auraient permis d’économiser 29 millions d’euros par an, réinvestis dans d’autres politiques sociales comme le plan handicap. Le département a également renforcé les contrôles pour lutter contre la fraude, identifiant un nombre plus élevé de fraudes car, auparavant, il n’y avait aucun contrôle dans le Finistère.

La méthode mise en place par le département du Finistère inclut des rendez-vous systématiques pour les nouveaux inscrits au RSA et l’intégration à des dispositifs d’insertion, visant à orienter les allocataires vers les secteurs en tension. Une équipe de douze agents a été recrutée spécifiquement pour ces contrôles.

Face aux accusations de « chasse aux pauvres » et de « machine à broyer » portées par la CGT, Maël de Calan se défend en affirmant que les recours déposés par les allocataires radiés ont tous été gagnés par le département devant le tribunal administratif. Il souligne également que la radiation peut intervenir non seulement en cas de fraude, mais aussi quand un bénéficiaire retrouve un emploi.

L’audience préliminaire du 30 mars 2026 a vu la présidente du tribunal suggérer que cette querelle relevait davantage d’un débat administratif et politique que d’une affaire pénale. Le procès devrait avoir lieu le 15 juin prochain, où la CGT cherchera à faire valoir ses arguments, notamment en recueillant des « témoignages poignants et édifiants » d’allocataires.