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Les passagers français du MV Hondius, touché par l'hantavirus, seront rapatriés aux Canaries puis confinés. Ils subiront des tests à l'Institut Pasteur pour prévenir toute propagation du virus.

Après un mois de confinement à bord du navire de croisière MV Hondius, en raison d’un foyer d’hantavirus, les passagers sont enfin attendus aux îles Canaries. Les près de 150 touristes et membres d’équipage, dont cinq citoyens français, débarqueront dimanche matin entre 5h et 7h (heure locale) au port de Granadella, à Tenerife. Une fois à terre, ils subiront un premier examen médical pour identifier et isoler les personnes présentant des symptômes. Tous les passagers porteront des masques FFP2 et seront répartis en fonction de leur nationalité avant d’être conduits à l’aéroport de Tenerife-Sud pour leur vol de rapatriement. Les autorités espagnoles ont assuré qu’il n’y aurait aucun contact avec la population locale, suite aux manifestations des habitants de Tenerife craignant une propagation du virus.

Les cinq passagers français seront rapatriés via un avion affrété spécifiquement, accompagné d’un personnel de bord protégé. L’atterrissage est prévu dans un aéroport du plateau francilien, bien que le ministère de la Santé n’ait pas précisé lequel. À leur arrivée, ils se rendront à l’Institut Pasteur à Paris pour y subir des tests sanguins. En cas de résultat positif, les personnes concernées intégreront immédiatement le dispositif Risque Épidémique et Biologique (REB), qui prévoit une évaluation spécialisée et une prise en charge sécurisée dans un établissement de santé de référence. Un patient positif serait isolé dans une chambre à pression négative pour minimiser tout risque de contamination externe.

Les croisiéristes testés négatifs à l’hantavirus pourront retourner à leur domicile, où ils observeront une période de confinement de six semaines, correspondant à la durée théorique d’incubation de la maladie. Durant cette période, les interactions sociales seront réduites au strict minimum, le télétravail sera de rigueur et le port du masque chirurgical sera obligatoire lors des sorties. Les Agences Régionales de Santé (ARS) assureront le suivi de ces personnes et fourniront les recommandations sanitaires nécessaires. Toute apparition de symptômes pendant cette période entraînera un reclassement immédiat en cas suspect et une intégration au dispositif REB.

Selon le dernier bilan de l’OMS, daté du 8 mai, huit cas ont été signalés, dont trois décès. Six de ces cas ont été confirmés en laboratoire comme étant des infections au virus des Andes, une souche d’hantavirus connue pour sa transmission interhumaine. Le taux de létalité de cette souche est estimé à 38 %. Parmi les cas confirmés, l’OMS recense trois décès (un couple néerlandais et une femme allemande) et mentionne trois passagers évacués vers l’Europe, une personne hospitalisée à Johannesburg (Afrique du Sud) et une autre à Zurich (Suisse).