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L'inflation et l'essor des fast-foods à bas prix menacent les restaurants traditionnels. Les maîtres restaurateurs alertent sur la disparition du "fait maison" et le clivage social face à la malbouffe. Ils réclament l'aide de l'État.

L’essor fulgurant de la restauration rapide à bas prix, combiné à l’inflation persistante, met en péril l’existence des cafés et bistrots traditionnels en France. Alain Fontaine, président de l’Association Française des Maîtres Restaurateurs (AFMR), tire la sonnette d’alarme face à cette tendance qui menace le « fait maison » et la diversité culinaire française. Selon lui, la majorité des établissements traditionnels, comme les bistrots et les cafés, sont en voie de disparition.

Alain Fontaine s’interroge sur l’avenir de la consommation alimentaire en France, craignant une polarisation entre une clientèle contrainte de se tourner vers la « malbouffe » pour des raisons de pouvoir d’achat, et une autre, plus aisée, cherchant le « bien-manger » à des prix prohibitifs. Cette situation est perçue comme un « choix de société clivant ». L’arrivée d’offres à prix réduits de la part de géants comme McDonald’s, même au détriment de leurs marges, intensifie la pression sur les restaurateurs indépendants.

Les restaurateurs traditionnels tentent de s’adapter, mais la concurrence des menus à 5 euros est un défi de taille. Alain Fontaine souligne les coûts de production et les charges de personnel « très supérieures » des établissements traditionnels par rapport à la restauration rapide. De nouvelles enseignes à bas prix telles que Master Poulet ou Tasty Crousty viennent accentuer cette concurrence, provoquant parfois des résistances locales, comme à Saint-Ouen où le maire s’oppose à l’ouverture d’un Master Poulet.

Face à cette menace, l’AFMR exhorte le gouvernement à publier rapidement le décret sur le « fait maison ». Ce décret vise à simplifier les démarches pour les restaurateurs souhaitant obtenir ce label, essentiel pour la survie de la cuisine française, souvent enviée à l’étranger. Alain Fontaine plaide également pour l’inscription des bistrots et cafés français au patrimoine immatériel de l’UNESCO, reconnaissant ainsi leur rôle crucial dans la culture et le patrimoine gastronomique national.