
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclenché son deuxième niveau d’alerte le plus élevé, une urgence de santé publique de portée internationale, face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. Cette flambée est particulièrement préoccupante en raison d’un variant méconnu, le Bundibugyo, pour lequel il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin approuvé.
Au 16 mai, l’OMS rapportait huit cas confirmés en laboratoire, avec 246 cas suspects et 80 décès recensés dans la province d’Ituri, située dans l’est de la RDC. Un cas a également été confirmé à Kinshasa et un décès en Ouganda, à Kampala, impliquant des personnes ayant voyagé depuis la RDC. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a déployé des experts sur place pour soutenir les efforts de riposte.
Le Pr Éric Delaporte, spécialiste des maladies émergentes, souligne la gravité de la situation. Cette épidémie est la 17e pour la RDC depuis l’identification du virus en 1976. L’absence de vaccins ou de traitements spécifiques pour le virus Bundibugyo rend la lutte contre cette souche d’Ebola plus complexe que les épidémies précédentes, souvent causées par la souche Zaïre pour laquelle un vaccin existe.
La région d’Ituri, frontalière et en proie à des conflits, présente des défis logistiques considérables. Les mouvements de population, notamment liés aux activités minières et aux déplacements de réfugiés, augmentent le risque de propagation du virus. La maladie se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. La forte contagiosité du virus et le taux de létalité élevé, qui peut atteindre 25 à 50% pour le Bundibugyo, accentuent l’inquiétude des autorités sanitaires mondiales.






