
Face à l’envolée des prix des engrais, l’Union européenne se mobilise pour soutenir ses agriculteurs. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a promis un «soutien exceptionnel» et des mesures d’urgence pour amortir le choc financier qui menace de nombreux exploitants agricoles. Cette crise, exacerbée par le conflit en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transite une part significative des engrais mondiaux, met en péril la survie économique des fermes européennes.
Les prix des engrais ont grimpé de 70% en raison de la guerre en Iran, s’ajoutant à une hausse de 60% déjà observée entre 2020 et 2024. Cette flambée des coûts est une source d’«extrême incertitude» pour les agriculteurs à l’approche de la prochaine saison d’ensemencement. La dépendance de l’Europe vis-à-vis des importations d’engrais et de gaz, essentiel à leur production, la rend particulièrement vulnérable.
Pour faire face à cette situation, Bruxelles puisera dans la «réserve agricole», un fonds européen de crise disposant d’environ 200 millions d’euros pour l’année 2026. La Commission envisage également d’augmenter cette réserve à l’avenir et propose d’assouplir les règles en matière d’aides d’État, permettant aux gouvernements nationaux de couvrir jusqu’à 50% des coûts supplémentaires. De plus, l’UE étudie la possibilité de constituer des stocks stratégiques d’engrais et d’autoriser l’utilisation de bio-fertilisants comme le digestat pour réduire la dépendance aux engrais conventionnels.
Cette crise des engrais a des répercussions bien au-delà de l’Europe. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a alerté sur un risque de «crise humanitaire majeure» qui pourrait précipiter 45 millions de personnes supplémentaires dans la famine, notamment en Afrique et en Asie. La préservation du bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement mondiales et la diversification des sources d’engrais sont cruciales pour prévenir une telle catastrophe.






