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Le ralliement de Gérald Darmanin à Édouard Philippe pour 2027 est critiqué par la droite, notamment les soutiens de Bruno Retailleau, qui y voient une alliance « macroniste ». Les critiques portent sur le passé gouvernemental des deux hommes et leur capacité à incarner une véritable alternative.

L’annonce du ralliement de Gérald Darmanin à Édouard Philippe pour l’élection présidentielle de 2027 a suscité de vives réactions chez Les Républicains, notamment parmi les soutiens de Bruno Retailleau. Céline Imart, vice-présidente de LR, a balayé cette nouvelle comme un « non-événement », soulignant que ce rapprochement unit simplement « un macroniste qui rejoint un autre macroniste ».

Le garde des Sceaux a pourtant mis fin à plusieurs mois de spéculations en annonçant dans La Voix du Nord son retrait de la course présidentielle au profit d’Édouard Philippe. Il justifie son choix par un « esprit de loyauté » envers l’ancien Premier ministre, qu’il estime « le mieux placé » pour 2027.

Cependant, cette alliance est perçue par certains, comme la sénatrice LR Valérie Boyer, comme une tentative de « faire gagner les macronistes ». Elle insiste sur le fait que la France souhaite une « rupture avec les années Macron », une rupture qui ne peut être incarnée, selon elle, que par des personnalités n’ayant pas participé aux gouvernements d’Emmanuel Macron. Elle présente Bruno Retailleau comme le candidat capable de « rassembler à droite, éventuellement avec des personnes du centre ». Julien Aubert, vice-président de LR, voit dans ce ralliement une « vieille astuce d’ancien ministre du Budget » pour faire passer la nouvelle discrètement.

Bien que Bruno Retailleau ait également été ministre sous Emmanuel Macron, ses soutiens refusent toute comparaison. Valérie Boyer décrit son passage comme une « cohabitation » et met en avant l’opposition des Républicains à Emmanuel Macron depuis 2017. Cette distinction est cruciale pour présenter Édouard Philippe comme le prolongement du macronisme, tandis que Retailleau incarnerait l’alternance.

La contestation s’étend au-delà des proches de Retailleau. Nicolas Metzdorf, député Ensemble pour la République, a critiqué Édouard Philippe pour son « positionnement historiquement ambigu » sur la Nouvelle-Calédonie, tandis que le Rassemblement national, par la voix de Charles-Henri Gallois, a attaqué le bilan de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, le qualifiant de « catastrophique ».

Édouard Philippe bénéficie déjà de soutiens divers, comme les ministres Maud Bregeon et Mathieu Lefèvre, ou Laurent Wauquiez, qui a posé des conditions à son appui, exigeant un programme commun de droite et du centre. Gérald Darmanin, de son côté, ne présente pas son ralliement comme inconditionnel, assumant ses désaccords avec Philippe, notamment sur la retraite à 67 ans, et se revendiquant d’une droite « bonapartiste gaulliste sociale » face à un ancien Premier ministre plus libéral.