
L’association « Un gros risque en plus » a exprimé ses vives inquiétudes concernant la loi sur l’aide à mourir, particulièrement pour les 700 000 Français atteints d’un handicap mental. Malgré la validation du texte par le Conseil constitutionnel, les parents et proches de majeurs protégés craignent un manque de protection. Les Sages ont précisé que pour les patients sous tutelle ou curatelle demandant l’euthanasie ou le suicide assisté, le médecin doit « prendre en compte » l’avis du tuteur, mais sans que cet avis soit contraignant.
Cette réserve n’a pas apaisé les craintes de l’association. Les parents se posent la question cruciale : « Qui protégera nos enfants lorsque nous ne serons plus là pour eux ? » Ils estiment que la décision du Conseil constitutionnel ne renforce en rien la protection des personnes atteintes d’un handicap. Durant l’examen du texte, tous les amendements visant à exclure explicitement les personnes ayant un handicap mental de l’aide à mourir ont été rejetés, au nom de l’universalité de ce nouveau droit.
La loi retient le critère d’une « volonté » pour l’aide à mourir, en plus des critères médicaux. Cependant, pour les familles concernées, la capacité à exprimer une volonté éclairée est au cœur du problème. Cette situation soulève des débats passionnés sur l’éthique, l’autonomie et la protection des personnes vulnérables. Certains dénoncent une dérive et craignent que les objectifs ne soient plus économiques qu’humanistes, tandis que d’autres s’interrogent sur les verrous civilisationnels et la valeur de la vie face à la dépendance.
La question de la protection des plus vulnérables face à la loi sur l’aide à mourir reste donc un sujet majeur de préoccupation et de discussion, et elle continuera sans doute d’alimenter le débat public et politique.






