Kashmir-protests-repression
Le Cachemire pakistanais est secoué par des manifestations violentes et une répression sanglante à l'approche des élections législatives. Le JAAC réclame une réforme électorale et de meilleures conditions de vie, face à un gouvernement qui répond par la force.

Le Cachemire pakistanais est le théâtre de violentes manifestations alors que la région se prépare pour le dernier tour des élections législatives le 10 août. Des dizaines de personnes ont trouvé la mort et de nombreux manifestants ont été blessés ces deux derniers mois, victimes de la répression des forces de sécurité qui tirent à balle réelle et procèdent à des arrestations. Les routes sont jonchées de checkpoints et l’accès à internet est fortement perturbé, transformant le territoire en un véritable état de siège.

Le mouvement de contestation est mené par le Comité conjoint d’action populaire (JAAC). Ce groupe exige une réforme électorale, estimant que le système actuel ne représente pas équitablement les Cachemiris. Il dénonce notamment le fait que 26 % des députés soient élus par des non-résidents, qui ne représentent que 11 % du corps électoral. Le JAAC réclame également de meilleurs prix pour les denrées de première nécessité, l’accès à l’électricité et une amélioration des services de santé et d’éducation.

Malgré un accord conclu en octobre dernier avec les gouvernements pakistanais et régional censé répondre à ces revendications, la situation n’a fait qu’empirer. Le JAAC a été déclaré illégal et des primes sont offertes pour l’arrestation de ses porte-parole. Les autorités affirment que les forces de l’ordre ne font que riposter aux attaques, une version contestée par les manifestants et les familles endeuillées qui dénoncent une répression brutale.

La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) du premier ministre Shehbaz Sharif a déjà remporté la majorité des sièges lors des premières phases des législatives, rendant le dernier tour du 10 août presque une formalité. Cependant, cette victoire est perçue comme une « victoire à la Pyrrhus » face à l’ampleur des contestations et de la violence.