
Les cours du pétrole ont enregistré une baisse significative ce vendredi, après une semaine de forte hausse, alors que les marchés financiers réévaluent l’impact réel des tensions en mer Rouge. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a chuté de 4,85% pour s’établir à 95,88 dollars. De même, le baril de West Texas Intermediate (WTI), son équivalent américain, a reculé de 4,23% à 88,29 dollars.
Cette accélération de la baisse intervient malgré les attaques menées par les rebelles houthis du Yémen. Mohammed Abdusalam, négociateur pour le groupe pro-iranien, a affirmé qu’il n’y avait « aucune fermeture de Bab El-Mandeb », contredisant les craintes d’un blocus total du détroit stratégique. Il a précisé que les actions des rebelles se limiteraient à « un blocus n’affectant que la partie saoudienne ». Giovanni Staunovo, analyste chez UBS, confirme que des navires transportant du pétrole saoudien continuent de traverser le détroit, ce qui atténue les risques sur l’approvisionnement mondial en pétrole.
Les investisseurs se montrent prudents avant le week-end, et certains analystes, comme John Plassard de Cité Gestion, se demandent si l’administration Trump ne cherchera pas à apaiser le marché. Un éventuel cessez-le-feu, même partiel, pourrait entraîner une chute rapide des cours, comme ce fut le cas en juin. Cependant, Janiv Shah de Rystad Energy avertit que si les perturbations persistent, les prix du pétrole pourraient augmenter davantage qu’au début du conflit, en raison de la diminution des réserves stratégiques et de la mobilisation des capacités de production inutilisées. Le détroit de Bab El-Mandeb, passage crucial entre l’océan Indien et la mer Rouge, reste un point de surveillance essentiel pour le marché pétrolier mondial.






