Donald-Trump-protectionism
Donald Trump persiste dans sa stratégie de guerre commerciale, imposant de nouvelles taxes douanières à 60 pays, dont l'UE. Malgré ses promesses, le déficit commercial américain atteint des records, remettant en question l'efficacité de sa politique protectionniste.

Donald Trump intensifie sa stratégie commerciale protectionniste, en imposant de nouvelles taxes douanières à soixante pays, dont l’Union européenne, à compter de ce vendredi. Cette démarche intervient après l’expiration de droits de douane provisoires de 10 % instaurés en février, et malgré un revers de la Cour suprême concernant des surtaxes antérieures. Le président américain justifie ces nouvelles mesures par la lutte contre les «importations fabriquées grâce au travail forcé», un prétexte permettant l’application de la section 301 de la loi de 1974.

Cette nouvelle salve tarifaire, oscillant entre 10 % et 12,5 %, cible notamment le Brésil, déjà frappé d’une surtaxe de 25 % mercredi, et met en lumière la persévérance de Donald Trump dans sa politique protectionniste. Lors du «Jour de la Libération», le 2 avril 2025, il avait promis que ces droits de douane massifs résorberaient le déficit chronique de la balance commerciale américaine.

Cependant, les résultats sont loin des ambitions affichées. Selon Antoine Bouët, économiste au Cepii, les faits sont clairs : «sur le plan commercial, le constat est assez clair : on est plus proche de l’échec que la réussite». Malgré les efforts et les différentes vagues de droits de douane, le déficit commercial des États-Unis a atteint un nouveau record en 2025, s’établissant à 1241 milliards de dollars, soit une augmentation de 2,1 % par rapport à l’année précédente. Ce déficit s’explique par une croissance des importations supérieure à celle des exportations, malgré les barrières tarifaires.

En 2023, les États-Unis enregistraient déjà un déficit marqué avec l’Asie (-454,9 milliards de dollars), l’Europe (-228,8 milliards) et l’Amérique du Nord (-220,2 milliards). La Chine, le Mexique et le Canada figurent parmi les principaux partenaires commerciaux avec lesquels le déficit américain est structurellement marqué. La politique de Donald Trump, bien que génératrice de recettes douanières record (264 milliards de dollars en 2025), ne parvient pas à inverser la tendance du déficit commercial, les volumes d’échanges se contractant plutôt que de s’équilibrer.