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Les forêts françaises, bien qu'ayant résisté aux canicules de mai et juin 2026, sont menacées par une potentielle sécheresse estivale. L'Inrae alerte sur les risques de mortalité massive des arbres si le manque de pluie persiste, en raison de l'épuisement des réserves en eau du sol et des ruptures hydrauliques. Une « méditerranéisation » des forêts est déjà observée, modifiant profondément les écosystèmes.

Après avoir résisté aux canicules de mai et juin 2026, les forêts françaises se préparent à un été critique. L’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) alerte sur les risques de mortalité massive des arbres si la sécheresse persiste. Actuellement, « ni dessèchement foliaire, ni mortalité de branches et encore moins des individus n’ont été observés suite aux deux vagues de chaleur de 2026 », a rassuré Sylvain Delzon, chercheur à l’Inrae. Cette résilience est attribuée à la capacité des arbres à réguler leur transpiration et aux réserves en eau du sol encore suffisantes lors des premières chaleurs.

Cependant, la situation pourrait rapidement s’aggraver. Un chêne adulte peut consommer « plusieurs centaines de litres » d’eau par jour lorsque les températures atteignent 40 degrés. En puisant excessivement dans les sols, les arbres risquent une « rupture hydraulique », un phénomène qui provoque l’apparition de bulles d’air dans leur système vasculaire, pouvant entraîner leur mort. Des capteurs de l’Inrae dans le sud-ouest de la France montrent que des essences comme le frêne sont déjà proches de ce seuil critique.

Les prévisions pour juillet sont alarmantes : un manque de pluie après le mois de juin, qui a déjà vidé une grande partie des réserves des arbres, pourrait mener à une « sécheresse exceptionnelle » bien plus dévastatrice. Une telle sécheresse peut provoquer des mortalités massives « un, deux ou trois ans » après le choc climatique initial, comme cela a été observé après la sécheresse de 2022. Face à ces menaces, les arbres tentent de s’adapter, notamment en modifiant la date d’apparition de leurs feuilles.

Ces adaptations bouleversent l’équilibre des écosystèmes forestiers, favorisant les espèces les plus tolérantes. L’Inrae constate une « méditerranéisation » des peuplements, avec des espèces méridionales comme le chêne vert qui progressent vers le nord à une vitesse d’environ 50 mètres par an. À l’inverse, des espèces moins résistantes, tel le chêne pédonculé, subissent de forts taux de mortalité dans le sud-ouest de la France, voyant leur présence diminuer.