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Orange, Bouygues Telecom et Free ont signé un accord historique pour racheter SFR à Altice France pour 20,35 milliards d'euros. Cette opération majeure, qui transformera le paysage des télécoms français, doit encore obtenir l'aval des autorités de la concurrence et soulève des questions sur l'avenir du marché et des tarifs. Le démantèlement de l'opérateur au carré rouge et la répartition de ses clients entre les trois géants marquent un tournant crucial pour le secteur.

Après des mois de négociations intenses, Orange, Bouygues Telecom et Free ont officialisé le rachat de SFR auprès d’Altice France pour un montant de 20,35 milliards d’euros. Cet accord, signé après des tractations plus longues et tendues que prévu, marque une étape décisive pour le paysage des télécommunications françaises, promettant un retour à trois opérateurs majeurs.

Le protocole d’accord, conclu dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 juin, met fin à un suspense persistant. Initialement, les parties étaient tombées d’accord sur un prix et un périmètre dès le 17 avril, mais des « détails » complexes, comme un complément financier potentiel de 650 millions d’euros pour Patrick Drahi, ont retardé la finalisation. Ce rachat est décrit comme « l’une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications ».

La transaction prévoit un démantèlement de SFR et de ses 25 millions de clients. Bouygues Telecom assumera 42% du prix d’acquisition, Free (Iliad) 31%, et Orange 27%. Bouygues Telecom devrait récupérer l’intégralité de SFR Business, une partie de la clientèle grand public (environ 6,4 millions de clients mobile et fixe) ainsi que le MVNO Prixtel et le réseau mobile de SFR en zones non denses. Free héritera des 6 millions de clients de RED by SFR et de 1,6 million de clients B2C SFR. Orange, quant à lui, se verra attribuer environ 4,9 millions de clients.

Cependant, le chemin reste semé d’embûches. L’opération doit encore recevoir l’approbation des autorités de la concurrence, à Paris ou à Bruxelles, un processus qui pourrait prendre jusqu’à dix-huit mois. Les régulateurs devront évaluer rigoureusement les conséquences de ce passage de quatre à trois opérateurs sur le marché, la diversité de l’offre et l’équilibre concurrentiel, notamment en ce qui concerne les prix des forfaits. La valeur de SFR, qui a vu son chiffre d’affaires annuel passer sous la barre des 10 milliards d’euros en 2025, soulève également des interrogations sur la rentabilité future pour les acquéreurs.