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Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, rejette l'idée d'une Europe en retard sur l'IA, insistant sur les talents du continent et appelant à une stratégie industrielle forte pour soutenir les champions locaux face aux géants mondiaux.

Arthur Mensch, le PDG de Mistral AI, a réfuté l’idée selon laquelle l’Europe serait condamnée à être à la traîne dans la course mondiale à l’intelligence artificielle. Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, il a souligné les atouts technologiques du continent, insistant sur l’abondance des talents et des compétences en Europe. Pour lui, l’écosystème technologique européen est plus récent, les acteurs américains s’étant lancés avant nous et ayant ensuite déployé leur technologie en Europe, longtemps perçue comme un continent de consommateurs.

Mistral AI, créée en 2023, s’est imposée comme un champion européen de l’IA. La start-up française, spécialisée dans les modèles de langage, compte près de 1000 salariés et est valorisée à 12 milliards d’euros. Elle vise un milliard d’euros de revenus d’ici la fin de l’année, témoignant de l’accélération de ses activités auprès des entreprises et des administrations.

Mensch a évoqué un « décalage » où les flux commerciaux européens sont réinvestis en R&D aux États-Unis ou en Chine. Cependant, il estime que la situation n’est pas irréversible, citant l’excellence des centres de formation mondiaux en IA en Europe comme un atout majeur. Il a mis en garde contre la « guerre des récits » qui dépeint l’Europe comme déclinante et incapable d’être compétitive technologiquement, affirmant que des entreprises comme Mistral AI démontrent le contraire.

Pour accélérer le développement de l’industrie européenne de l’IA, Arthur Mensch appelle à une véritable stratégie industrielle. Il a noté des signaux encourageants, notamment en matière de sécurité nationale et communautaire, de simplification et de la prise de conscience que les dépenses en IA devraient être concentrées sur des fournisseurs européens pour réinvestir la R&D localement. Il a également souligné le besoin de planification industrielle pour garantir les capacités de calcul, simplifier les procédures et unifier le marché.

Selon le patron de Mistral AI, la priorité n’est pas de protéger le marché européen, mais de créer un marché unifié et d’utiliser la demande publique pour faire grandir les acteurs locaux. Il a également insisté sur l’importance de construire des centres de données utilisant l’électricité disponible. Récemment, Mistral AI a annoncé des partenariats avec des groupes européens comme EDF, Airbus et BMW, et a acquis la start-up autrichienne Emmi AI, spécialisée dans les modèles d’ingénierie et les jumeaux numériques, renforçant ainsi sa position dans le secteur.