
Sébastien Bazin, PDG d’Accor depuis douze ans, a abordé de manière inattendue le sujet de sa succession lors de la récente assemblée générale du groupe hôtelier. Malgré un mandat censé durer jusqu’en mai 2028, Bazin a déclaré que son départ pourrait être anticipé si le conseil d’administration identifiait le candidat idéal avant cette échéance. Cette annonce a créé un moment fort, où le dirigeant de 64 ans a failli oublier les votes des actionnaires.
Ce débat sur la succession intervient alors que le PDG navigue sur des eaux complexes, malgré des réussites comme le lancement du voilier de croisière de luxe Orient Express Corinthian. Historiquement habile à gérer les principaux actionnaires d’Accor, tels que le fonds souverain du Qatar QIA et le saoudien KHC, Sébastien Bazin fait face à de nouvelles dynamiques. Le QIA a récemment réduit sa participation de 9 à 6 %, et le fonds Parvus Asset Management est devenu le premier actionnaire du groupe, modifiant l’équilibre des pouvoirs.
Le mandat de Sébastien Bazin a été renouvelé par anticipation pour trois ans, jusqu’en 2028, lors de l’assemblée générale du groupe en mai 2025. Cette prolongation avait été adoptée à 85 % par les actionnaires. Il avait alors exprimé son souhait de « finir le job », citant cinq engagements prioritaires, notamment l’excellence opérationnelle, la croissance d’Ennismore et la cession d’AccorInvest. Le conseil d’administration a réaffirmé son soutien à Bazin et à la réorganisation du portefeuille hôtelier en deux divisions dédiées. Néanmoins, cette annonce récente marque un tournant, soulignant une volonté de préparer l’avenir du groupe bien avant la fin officielle de son mandat.
Sous sa direction, Accor a connu une expansion significative, passant de 13 à 48 marques, intégrant notamment Fairmont, Raffles et Swissôtel. Le groupe a également enregistré des résultats financiers solides, avec un chiffre d’affaires record de 5 606 millions d’euros en 2024, en hausse de 11% par rapport à 2023. Bazin a insisté sur l’importance de l’agilité, de l’innovation et de l’humain au cœur de la stratégie d’Accor, même face à l’essor de l’intelligence artificielle. Son successeur devra donc relever le défi de maintenir cette dynamique tout en s’adaptant aux évolutions technologiques rapides du secteur hôtelier.






