
Emmanuel Macron a réuni ce mardi à l’Élysée les principaux acteurs de la filière de l’électrification pour accélérer la transition énergétique du pays. Un mois après la publication d’un plan gouvernemental de 22 mesures visant à doper la consommation d’électricité, cette rencontre visait à obtenir des engagements concrets des secteurs clés tels que le BTP, l’industrie et les transports.
L’objectif de cette initiative est double : réduire drastiquement les émissions de CO2 et diminuer la dépendance de la France aux énergies fossiles importées, notamment le pétrole, dans un contexte de flambée des cours. Actuellement, les énergies fossiles représentent encore 60% de la consommation énergétique française, une part que l’exécutif espère ramener sous les 50% d’ici 2050, grâce à une production d’électricité d’origine nucléaire ou renouvelable.
Le plan prévoit que l’électricité représente 34% de la consommation finale d’énergie en France d’ici 2030, et 38% en 2035, contre 27% en 2024. Michel Gioria, directeur général du Serce, a souligné l’ampleur de cette transformation. Pour soutenir ce mouvement, EDF, qui célèbre ses 80 ans cette année, a annoncé un investissement de 240 millions d’euros.
Ces fonds seront répartis en trois axes majeurs : 80 millions d’euros pour aider les particuliers à acquérir des pompes à chaleur (PAC), 80 millions pour soutenir l’achat de poids lourds électriques et l’installation de bornes de recharge, et 80 millions pour préparer des terrains industriels à accueillir de grands consommateurs d’électricité. EDF s’engage également à électrifier les logements sociaux et les Ehpad, et à installer des bornes électriques dans les copropriétés via sa filiale Logivolt.
Pour l’industrie, EDF prévoit un « coup de pouce chaudière électrique » de 30 millions d’euros. Dans le secteur des transports, le lancement du réseau de recharge Izivia Trucks pour les poids lourds est annoncé, avec un objectif de près de 200 bornes. De leur côté, les entreprises du Serce s’engagent à embaucher 12 000 personnes et 3 000 apprentis par an pour accompagner ce vaste programme d’électrification, qui s’étend sur trente ans. Ce « voyage de transformation profond » nécessite également de former les jeunes aux métiers de la haute tension et de la grande puissance.







