
La Silicon Valley a été le théâtre d’une bataille judiciaire de grande ampleur, opposant deux figures emblématiques de la tech : Elon Musk et Sam Altman. Du 27 avril au 14 mai, le tribunal fédéral d’Oakland, dans la baie de San Francisco, a accueilli ce que la presse américaine a surnommé « le procès du siècle », avec 150 milliards de dollars et l’avenir d’OpenAI en jeu. L’affaire, intitulée Musk v. Altman, est actuellement en délibération par un jury.
D’un côté, Elon Musk, 54 ans, l’homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 788 milliards de dollars en mai 2026, principalement issue de ses participations dans SpaceX et Tesla. De l’autre, Sam Altman, 41 ans, PDG d’OpenAI, dont la valeur nette a dépassé les 6,5 milliards de dollars en mai 2026 grâce à ses investissements personnels. Musk accuse OpenAI et ses dirigeants de trahir la mission fondatrice de l’entreprise, qui était de développer une IA au profit de l’humanité en tant qu’organisation à but non lucratif.
Le procès a mis en lumière la transformation d’OpenAI, passant d’un laboratoire à but non lucratif, que Musk a contribué à financer à hauteur de 38 millions de dollars entre 2015 et 2017, à une entité à but lucratif. En avril 2026, OpenAI a annoncé avoir clôturé un cycle de financement de 122 milliards de dollars, portant sa valorisation post-monétaire à 852 milliards de dollars. Musk a cherché à obtenir le retour d’OpenAI à son statut d’origine, le retrait d’Altman et de Greg Brockman de la direction, et plus de 150 milliards de dollars de dommages et intérêts, qu’il destinerait à l’entité à but non lucratif d’OpenAI.
Le procès a été marqué par des tensions, notamment un échange tendu où Musk a menacé Altman et Brockman deux jours avant le début du procès, suggérant qu’ils seraient les « hommes les plus détestés d’Amérique » s’ils refusaient de régler l’affaire. Altman, de son côté, a dépeint Musk comme une personne incapable d’accepter un pouvoir partagé, cherchant un « contrôle total » sur l’entreprise dès ses débuts. Les avocats d’OpenAI ont qualifié le procès de « campagne de harcèlement motivée par l’ego, la jalousie et le désir de ralentir un concurrent », faisant référence à xAI, la propre startup d’IA de Musk, lancée en 2023.
Les délibérations du jury sont en cours, bien que leur décision ne soit que consultative, la juge Yvonne Gonzalez Rogers ayant le pouvoir de rendre la décision finale. L’issue de cette affaire pourrait redéfinir le paysage de l’intelligence artificielle et soulever des questions plus larges sur le contrôle et la direction des entreprises qui développent ces technologies révolutionnaires.






