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L'ancien officier Guillaume Ancel nuance la victoire clamée par Donald Trump concernant l'exfiltration d'un militaire en Iran, la considérant plutôt comme un échec politico-militaire évité. L'opération a été longue et complexe, bien loin des sauvetages habituels, et s'inscrit dans un contexte de forte tension médiatique et politique.

L’opération d’exfiltration d’un militaire américain en Iran, qualifiée de « l’une des plus audacieuses de l’histoire des États-Unis » par Donald Trump, est en réalité davantage une opération ayant permis d’éviter un échec politico-militaire cuisant qu’une victoire éclatante. C’est l’analyse de Guillaume Ancel, ancien officier français et écrivain, qui a participé à plusieurs opérations militaires extérieures, notamment au Rwanda et en Bosnie.

Selon Guillaume Ancel, les déclarations du président américain relèvent de l’autocélébration. Il souligne que si les deux pilotes du F-15 ont été récupérés, l’un d’eux était gravement blessé. La récupération du second copilote, resté coincé en Iran, a nécessité le déploiement de forces considérables et a duré 36 heures, ce qui est loin d’un sauvetage classique qui intervient dans la foulée du crash.

Donald Trump a annoncé dimanche le sauvetage spectaculaire d’un aviateur américain « gravement blessé » dont l’appareil a été abattu en Iran. Le président a même posté sur Truth Social : « WE GOT HIM! My fellow Americans, over the past several hours, the United States Military pulled off one of the most daring Search and Rescue Operations in US History, for one of our incredible Crew Member Officers ». Cette opération a d’ailleurs sauvé la face de Donald Trump, alors qu’il faisait face à une opposition grandissante concernant son action militaire en Iran.

L’armée iranienne, de son côté, a affirmé avoir « déjoué » l’opération de sauvetage américaine, sans toutefois démentir que l’aviateur ait été récupéré par les États-Unis. Elle a même déclaré que deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130 américains avaient été « détruits », des affirmations non confirmées par Washington.

L’analyse de Guillaume Ancel met en lumière la dimension politique de ces opérations, où la communication joue un rôle crucial. L’enjeu pour les États-Unis était d’éviter une capture qui aurait pu avoir des conséquences diplomatiques et politiques majeures. Le contexte actuel de guerre au Moyen-Orient rend chaque information et chaque image un élément clé de la guerre de communication que se livrent les différentes parties.