
Un ressortissant chinois, identifié comme Su Jiangbo, recherché par la justice de son pays pour des affaires de casinos illégaux, a pu acquérir pas moins de 85 propriétés de luxe à Londres. Cette affaire spectaculaire relance les interrogations sur la permissivité de la capitale britannique face au blanchiment d’argent et l’efficacité des mesures gouvernementales pour contrer cette réputation.
Selon une enquête conjointe du Sunday Times et de l’Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), Su Jiangbo aurait acheté sept appartements pour 11,5 millions de livres sterling en une seule journée. Il aurait ensuite acquis deux autres appartements d’une valeur de 2 millions de livres chacun le lendemain, poursuivant ses acquisitions avec notamment 15 appartements dans un complexe immobilier de luxe près de la Tate Modern.
Le Crown Prosecution Service (Service des poursuites de la Couronne) a gelé les avoirs de Su Jiangbo, désigné initialement comme « Monsieur X », en vertu d’ordonnances de richesse inexpliquée (Unexplained Wealth Orders) et d’ordonnances de gel provisoire (Interim Freezing Orders). Ces mesures ont été prises en raison de soupçons que les propriétés aient été achetées avec des fonds illicites. Su Jiangbo dispose désormais de trois mois pour prouver l’origine légale de ses fonds, sous peine de voir ses propriétés saisies. Aucune accusation criminelle n’a encore été portée contre lui au Royaume-Uni.
Su Jiangbo aurait utilisé un « passeport doré » de Saint-Kitts-et-Nevis pour créer des sociétés au Royaume-Uni, qui ont ensuite acquis les propriétés. Il est également citoyen du Cambodge. Cette affaire met en lumière les failles potentielles des dispositifs britanniques de lutte contre le blanchiment d’argent dans le secteur immobilier, un domaine considéré comme à haut risque pour les activités illicites.






