
Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran lancée le 28 février, plusieurs nations européennes et membres de l’OTAN ont pris des mesures restrictives concernant l’utilisation de leur espace aérien et de leurs bases militaires par les États-Unis. Ces décisions ont provoqué l’ire du président américain Donald Trump, qui a exprimé son mécontentement sur son réseau Truth Social, fustigeant la « très peu coopérative » attitude de certains alliés.
La France, bien que n’ayant pas émis d’interdiction officielle publique, a clarifié sa position. Emmanuel Macron a souligné que la France, non consultée et non impliquée dans l’offensive militaire américano-israélienne, n’y prend pas part. Paris maintient ses conditions de transit aérien inchangées depuis le 28 février : les avions de combat transportant du matériel militaire sont interdits, tandis que les appareils de ravitaillement et de logistique sont autorisés sur la base d’Istres. Cette position, qualifiée de constante, irrite particulièrement Washington et Tel-Aviv.
L’Espagne a également affirmé son opposition à la guerre en Iran. Le 30 mars, le gouvernement espagnol de gauche a annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions américains liés à ce conflit. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a précisé que l’utilisation des bases américaines en Espagne et de l’espace aérien national pour des actions militaires en Iran n’était pas autorisée, sauf en cas d’urgence non confirmée par le gouvernement.
L’Autriche, forte de sa neutralité depuis 1955, a refusé dès le début de la guerre toutes les demandes de survol militaire formulées par Washington. Chaque demande de survol de pays en guerre est systématiquement refusée, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères, a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense. La Suisse a également invoqué son « droit à la neutralité » le 14 mars, rejetant deux demandes américaines de survol pour des avions de reconnaissance. Le gouvernement suisse a rappelé que le droit de la neutralité interdit les survols à des fins militaires liées à un conflit, tout en autorisant les vols humanitaires, médicaux ou sans lien avec le conflit.
L’Italie, sans adopter une interdiction totale, a refusé l’atterrissage d’avions américains sur sa base de Sigonella en Sicile. Cette décision a été prise faute de temps pour consulter le Parlement, l’utilisation des bases italiennes pour des missions de combat nécessitant une autorisation gouvernementale et parlementaire. Ces restrictions soulignent les divergences croissantes au sein des alliances traditionnelles face aux conflits régionaux.






