
La question des pénuries de carburant agite les automobilistes français, qui se retrouvent parfois devant des pompes vides malgré les assurances du gouvernement. Ce mercredi, la ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a fermement déclaré qu’il n’y avait « aucun risque de rupture d’approvisionnement » à l’échelle nationale. Elle a précisé que « moins de 10 % des stations ont des difficultés totales ou partielles », ciblant principalement le réseau TotalEnergies.
Pourtant, la réalité sur le terrain semble parfois contredire cette affirmation. Au Mans, par exemple, des automobilistes ont dû chercher longuement une station ouverte, les panneaux d’affichage noirs signalant des ruptures de stock. Le site gouvernemental data.gouv, censé répertorier les « pénuries », affiche des pourcentages bien plus élevés que ceux avancés par l’exécutif : « 13% stations en pénurie de gazole ; 28% stations en pénurie de e10 ; 69% stations en pénurie de sp95 ; 24% stations en pénurie de sp98 ».
Ces chiffres sont vivement contestés par l’exécutif, qui les qualifie de « totalement fantaisistes » et « altérés par des signalements non vérifiés ». Le site « penurie-carburant.fr » précise que ses données proviennent à la fois du système gouvernemental Prix Carburants et des signalements des internautes, ce qui pourrait expliquer les divergences. Cependant, Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, confirme que de nombreuses stations TotalEnergies ont connu des ruptures, déportant la clientèle vers les enseignes voisines et créant un « effet collatéral ».
L’afflux important vers les stations TotalEnergies s’explique en partie par la mise en place d’un prix plafond par l’énergéticien jusqu’au 7 avril. Cette mesure, destinée à soutenir le pouvoir d’achat, a logiquement attiré un grand nombre d’automobilistes, vidant les cuves plus rapidement. Face à ces tensions localisées, la ministre de l’Énergie a rappelé l’existence des stocks stratégiques de la France, assurant que le pays dispose de « 100 millions de barils ».
En parallèle, certaines stations, notamment en zone rurale, ont préféré cesser temporairement leur activité. Francis Pousse explique que face à l’augmentation des prix, des distributeurs refusent d’acheter du carburant à un coût élevé qu’ils estiment invendable à la pompe. Cette situation, bien que ne relevant pas d’une pénurie globale, témoigne de difficultés réelles pour les automobilistes et les professionnels du secteur.






