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Emmanuel Grégoire, élu maire de Paris, succède à Anne Hidalgo. Il promet une gouvernance d'hyperproximité et la "tolérance zéro" sur le périscolaire. La nouvelle majorité est plurielle, l'opposition affaiblie.

Emmanuel Grégoire a été officiellement intronisé maire de Paris ce dimanche 29 mars à l’Hôtel de ville, succédant à Anne Hidalgo après douze ans de mandat. L’élu socialiste de 48 ans, à la tête d’une liste d’union de la gauche (à l’exception de La France insoumise), a été élu par le nouveau Conseil de Paris, recueillant les 103 voix de sa majorité, tandis que les 60 autres élus se sont abstenus.

Dans son discours inaugural, Emmanuel Grégoire a marqué un tournant, notamment sur la question du périscolaire : « Le véritable combat commence maintenant. Et le premier d’entre eux, c’est le périscolaire ! Nous devons tout reprendre depuis le début. Nous devons renverser la table. Nous devons identifier ceux qui se sont rendus coupables. Nous devons protéger nos enfants », a-t-il déclaré, plaidant pour la « tolérance zéro » et la révision de « toutes les procédures de recrutement ».

Après ce vote solennel, Emmanuel Grégoire, victorieux des élections municipales avec 50,52 % des voix au second tour, a procédé à la passation des pouvoirs avec Anne Hidalgo. Cette transition symbolise le début d’une nouvelle approche pour la capitale. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, ayant connu une période difficile après l’échec de la candidate socialiste à la présidentielle de 2022, a promis d’être un maire « d’hyperproximité », marquant une rupture avec les méthodes de gouvernance passées, souvent critiquées.

La nouvelle majorité, composée d’élus socialistes, écologistes, communistes, de Place publique et de L’Après (ex-Insoumis), compte 103 conseillers, soit dix de plus que lors de la précédente mandature. Une « majorité plurielle » que le nouveau maire s’engage à faire vivre, anticipant déjà « des moments de crispation ».

L’opposition, quant à elle, se retrouve affaiblie après la défaite de Rachida Dati, ne comptant que 51 élus contre 65 en 2020. Rachida Dati prendra les rênes d’un nouveau groupe de 32 élus, « Paris, Liberté ! », regroupant Les Républicains, centristes et indépendants. Les élus de la liste Bournazel, quant à eux, ont formé leur propre groupe d’opposition de 11 conseillers, « Paris apaisé », reprenant le slogan de campagne de Pierre-Yves Bournazel.

À gauche, neuf élus LFI, menés par Sophia Chikirou, feront leur entrée à l’Hémicycle. Sophia Chikirou a annoncé que « Les choses à Paris ne seront plus jamais comme avant, elles ne se passeront plus entre la droite et le Parti socialiste. Désormais, il y a nous, les “insoumis”. L’entre-soi est fini ». Elle conservera son mandat de députée mais démissionnera de son mandat de conseillère régionale.