fuel-pump-price-2
Alors que la Grèce, l'Espagne et l'Italie ont mis en place des aides directes pour contrer la flambée des prix des carburants, la France privilégie l'augmentation de la production de ses raffineries, sans aide à la pompe. Le gazole et l'essence atteignent des sommets, mais le gouvernement mise sur le soutien aux secteurs économiques.

Face à la flambée des prix des carburants, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, plusieurs pays européens ont rapidement mis en place des mesures de soutien. La Grèce a débloqué 300 millions d’euros de subventions sur les carburants et les engrais pour les mois d’avril et mai, avec une « carte carburant numérique » offrant un soutien moyen estimé à 36 centimes par litre d’essence. Athènes subventionne également le diesel à hauteur de 16 centimes par litre et les factures d’engrais des agriculteurs à 15%. L’Espagne propose une remise allant jusqu’à 30 centimes par litre de carburant à la pompe, ainsi qu’une aide supplémentaire de 20 centimes par litre pour les professionnels du transport, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. En Italie, un décret-loi a réduit le prix des carburants de 25 centimes par litre pour une période de vingt jours, et un crédit d’impôt a été instauré pour les transporteurs routiers et les pêcheurs.

En France, près d’un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement français privilégie une approche différente, refusant les aides directes à la pompe jugées trop coûteuses pour l’État. Bercy a sollicité les six raffineries françaises pour qu’elles augmentent leur production, notamment de carburéacteur et de diesel, dont plus de la moitié de la consommation française est importée. La dépendance au diesel importé, notamment du Golfe Persique avant le conflit, a conduit à une augmentation rapide de son prix, dépassant les 2,10 euros le litre dans de nombreuses stations-service. Le SP95-E10 a également vu son prix moyen atteindre 1,95 euro le litre la semaine dernière. Le gouvernement met en avant l’absence de risque de rupture d’approvisionnement grâce aux stocks stratégiques couvrant plus de 90 jours de consommation et à la diversification des sources.

Malgré ces mesures indirectes, les professionnels du transport routier ont exprimé leur déception après une réunion avec le gouvernement, n’ayant obtenu aucune aide directe contrairement à leurs homologues espagnols. Des mesures de soutien à la trésorerie des secteurs des transports, de la pêche et de l’agriculture sont toutefois envisagées, comme le report de charges sociales et fiscales.